Par NanoJV Exclusif.
Evènement rare. Tous les centres de transferts de technologie israéliens spécialisés dans les biotechnologies ont présenté pendant une matinée entière mardi 27 octobre 2009 à Tel-Aviv leur analyse et leur vision détaillée des complémentarités et des opportunités avec la France face à une délégation d’une quarantaine de patrons français des sciences de la vie.
Des points de vue très directs ont été également émis sur ce qui fonctionne mal et doit être amélioré. Au total c’est la matière d’un véritable livre blanc des transferts biotechnologiques bilatéraux qui a été recueillie en quelques heures intenses. Cette table-ronde unique était organisée dans le cadre de la mission montée par Olivier Safir Président de la commission Sciences de la vie de la Chambre de Commerce France-Israel, en partenariat étroit avec NanoJV sur le volet transfert de technologie. Voici en exclusivité la liste des participants à l’événement côté speakers et côté délégation française :
1. Cecile THARAUD, Inserm Transfert
2. Florence GHRENASSIA, TT office of APHP
3. Binah BAUM, Bionegev
4. Hilel BERCOVIER , ancien Vice Président de la R&D de l’Universtité Hébraïque de Jérusalem
5. Ruth BEN YAKAR, Yeda/Institut Weizmann
6. Alex GORDON, Technion
7. Ofir SHAHAF, Hadasit
8. Zeev WEINFELD, Ramot
9. Frances SHALIT, Birad
10. Max HERZBERG , BDC
11. Michal KAINAN KOREN, Yssum
12. Simon BENITA, Institute for Drug Research, Hebrew University Jerusalem.
Après consultation (1) la liste exhaustive des participants n’est pas rendue publique mais elle comprend des pharmas, des labos, des PMEs biotechnologiques et des centres de transferts de techno français. Cette délégation est l’une des plus importantes de ces dernières années. Les rencontres de ce type interviennent habituellement en mai dans le cadre du salon Biomed Israel de Tel-Aviv, avec en général une forte participation de la région de Lyon et une montée en puissance de Toulouse (mesurée à l’aune de la réussite du très important colloque sur les nanobiotechnologies organisé par Daniel Abehsera et son équipe de la CCFI -Toulouse en janvier 2009).
Rappelons à cette occasion, les initiatives lancées au début des années 2000 (avec soutien gouvernemental français du ministère de la recherche et de la DIGITIP ancienne DGE du Minefi) de rencontres franco-israéliennes ciblées sur le salon BIO aux USA et au Canada. Ces opérations conçues sur une proposition visionnaire d’Anne-Marie Revco alors au ministère de la recherche, se sont notamment déroulées à San-Diego puis Toronto, Washington et San-Francisco entre 2001 et 2004.
Dans le cadre de ces rapprochements franco-israéliens atypiques en territoire américain, le Chief scientist israélien de l’époque Carmel Vernia avait rencontré en tête à tête à San Diego, Philippe Pouletty alors patron de France -Biotech. Rencontre technologique au sommet également en 2003 à Washington à l’ambassade de France (2). Sans résultat probant faute de volonté politique forte.
C’est en revanche au cours de ces salons américains que les biotech israéliennes se sont structurées – à huis clos- , avec l’appui de l’USISTC (3) et l’USISTF (4) donnant notamment naissance d’une part à l’ILSI, l’organisation des sciences de la vie israéliennes qui fédère plusieurs centaines de membres et d’autre part à l’ITTN (lsrael Tech Transfer Organization) dont la vocation première est le transfert technologique entre Israel et les USA. Un seul représentant étranger (hors USA et Israel) avait été admis aux débats internes assez sensibles de l’USISTC et des centres israéliens de transfert de technologie…
Cette histoire est donc peu ou pas connue. De facto, une véritable ambiance de conclave, le message américain aux israéliens étant en substance vous ne sortez pas d’ici sans engagements fermes. Côté israélien des personnes clés comme Rafi Hofstein (5) ou Yossi Bornstein (6) avaient alors joué un rôle moteur pour élaborer une solution crédible, mettre de l’ordre et rassurer les américains.
Ce scénario subtil a connu son point d’orgue en juin 2004 à BIO San-Francisco, année où les américains via l’USISTC ont clairement sommé les israéliens de se doter d’une vraie gouvernance biotechnologique dans un intérêt mutuel bien compris. Ce qui fut fait dans les mois qui suivirent. La France s’est toujours contentée pour sa part d’une relation plus elliptique (au niveau du MOU, le fameux memorandum of understanding qui est en général- hélas-un cache-misère) et très amont essentiellement concentrée sur les relations scientifiques par définition politiquement correctes, assez consensuelles et sponsorisées par le MAE (Quai d’Orsay).
D’où le nombre élevé de coopérations académiques et universitaires en vitrine (voir Pasteur-Weizmann, Technion , etc.) et le taux relativement faible de joint-ventures industrielles ou technologiques au regard du potentiel réel. Contrairement à ce qui se fait entre Israel et les Etats-Unis ou l’Allemagne, alliés stratégiques et technologiques de l’Etat hébreu. Ce déficit de coopération avec la France fut donc implicitement au coeur du débat très sérieux de mardi dernier àTel-Aviv…Une course contre la montre non dénuée d’enjeux est clairement engagée.
(1) Ici les avis divergent. La position de NanoJV est que les coopérations avec Israël doivent être totalement banalisées. C’est une évidence. Il est paradoxal de prétendre le contraire alors que de nombreux pays arabes importent et utilisent massivement de la technologie israélienne.
(2) La réunion s’est tenue en juin 2003 sur fond de manifestation importante des moudjahidines du peuple devant l’ambassade de France à Washington. Pour l’anecdote les israéliens d’abord sidérés furent très vite rassurés, hilares de voir que pour une fois ils n’étaient pas dans le collimateur et que le comité d’accueil iranien face à l’ambassade de France ne leur était vraiment pas destiné. Mais c’est une autre histoire. (Jean-David Levitte était alors ambassadeur de France aux USA).
(3) U.S. – Israel Science and Technology Commission (task force stratégique israélo-américaine. Sans équivalent en Europe).
(4) The U.S.-Israel Science and Technology Foundation.
(5) L’excellent Rafi Hofstein est aujourd’hui le patron de MaRS Innovation après avoir dirigé Hadasit le centre de transfert de technologie de l’hôpital Hadassah de Jérusalem et piloté l’ILSI pendant plusieurs années.
(6) Yossi Bornstein a dirigé Bristol Myers Squibb Israel avant de fonder la holding biotech israélienne Shizim.

Publié le 30 octobre 2009
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