Cap sur la Jordanie, à la pointe de la modernité et de la technologie, pour rappeler au passage que le Royaume Hachémite est aussi un Etat palestinien. Les jordaniens ne portent donc pas un amour immodéré à Israël. Mais, en majorité, ne le détestent pas non plus, même si le verbe est parfois haut.
La Jordanie a le sens de l’honneur et le respect de la parole donnée. Les frontières avec Israël sont sûres et quand Tel-Aviv organise une grande alerte NBC, comme ce fut le cas cette semaine avec l’opération civile et militaire Turning Point 4, les jordaniens sont évidemment dans la boucle. A Amman, on aime aussi les américains présents par milliers dans la capitale. Et puis du sang américain coule dans les veines d’une partie de la famille royale. L’american way of life et la tolérance se sont combinées depuis longtemps aux subtilités de la culture orientale; l’(ex) Hard Rock Café d’Amman fut ainsi pendant quelques années l’un des plus branché du monde.
De manière tout à fait banale, des vols directs relient l’aéroport Ben-Gourion à Amman en survolant Ramallah, Jerusalem et Jericho. Parmi les nombreux touristes qui franchissent le Jourdain à Cheikh’ H"ussein une majorité sont arabes bilingues, porteurs du passeport frappé de la Menorah. Ils sont bienvenus en Jordanie où beaucoup ont des amis et des proches, mais sont considérés comme des israéliens avant tout . Les quelques israéliens non-arabes qui travaillent en Jordanie dans les parcs industriels mixtes par exemple, sont souvent porteurs de passeports turcs , américains ou autres, question de tranquillité d’esprit. Ainsi va l’Orient.
En s’initiant aux meilleures pratiques internationales et américaines, la Jordanie s’est dotée d’une politique audacieuse en matière de technologie de l’information. Les ingénieurs jordaniens sont les meilleurs de la région et essaiment dans tous les pays du Golfe. La défense est considérée comme une autre priorité et la Jordanie s’est dotée en quelques années d’une industrie militaire de pointe. Sous le contrôle direct du Roi et de sa holding dédiée : le KADDB.
Avec justesse, la Jordanie a dopé ses compétences en s’alliant avec des dizaines de spécialistes internationaux et exporte aujourd’hui ses solutions et son savoir-faire sur une trentaine de pays du Moyen-Orient et d’Afrique. Ce n’est donc pas un hasard si Amman organise un événement unique : le SOFEX , salon international des forces spéciales. L’édition 2010 s’est déroulée du 10 au 13 mai dernier sur la base aérienne King Abdullah I (cf photo). Plus de 300 exposants venus de 72 pays et 12000 visiteurs. Officiellement, hors présence israélienne.
La représentation française s’est distinguée avec la visite du ministre de la défense Hervé Morin, venu épauler une délégation de 15 sociétés d’élite, grands groupes et PMEs. Comme Géos, Panhard, Eurocopter (une trentaine d’hélicoptères équipent déja l’armée de l’air jordanienne) Thales, pour n’en citer que quelques-unes.
Côté anglo-américain le déploiement fut de manière prévisible massif avec les leaders comme L3, Lookheed Martin, Northrop ou encore Motorola…A noter que les américains sont venus avec une imposante délégation de l’armée irakienne voisine dont une -méchante- rumeur prétend qu’elle fut écartée à dessein de certains stands français.
Le clou des démonstrations fut toutefois assuré par une solution allemande: le MD4-1000, un micro-drone ultra-silencieux et hyper-habile, distribué par Tactical Electronics leader mondial du Global War on Terrorism (GWOT)
Dominique Bourra, CEO NanoJV.
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Publié le 28 mai 2010
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