Nabokov aimait les papillons. A la recherche d’une image pour illustrer la métamorphose de la Roumanie, Shimon Peres en visite d’Etat à Bucarest a donc puisé dans la littérature. "Nous avons aujourd’hui besoin de voler et la Roumanie pourrait bien déployer de larges ailes" a dit en substance le président israélien au président roumain, selon Romania-insider.
Interrogé sur la position de la Roumanie en cas de conflit avec l’Iran, Traian Basescu, le président roumain a déclaré sans hésiter qu’il serait loyal à Israël et loyal à l’OTAN et ouvrirait son espace aérien, "if need be", si besoin est.
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Enfer pour les Juifs pendant la guerre (le centre Wiesenthal a rappelé à point nommé l’assassinat de 280000 Juifs et 11000 Roms sous le régime pro-nazi d’Antonescu), la Roumanie a depuis radicalement changé de cap. 400000 Juifs ont pu librement immigrer en Israël au fil du temps (une exception pendant la guerre froide) et les rapports entre les deux Etats sont aujourd’hui excellents.
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Avec des partenariats de défense et de sécurité actifs, la Roumanie apparaît désormais comme un allié militaire et diplomatique fiable d’Israël, de l’OTAN et des USA. Comme le rappelait NanoJV au mois de juin, la coopération bilatérale de défense avec l’Etat d’Israël est régie par l’accord signé le 29 mai 2000 à Bucarest et entré en vigueur le 10 octobre 2000. Une délégation roumaine s’est, dans ce cadre, rendue en Israël en décembre 2009 pendant une semaine, en présence du secrétaire d’Etat roumain à l’armement.
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A cette occasion, les programmes conjoints pour 2010 ont été validés en comité mixte. Parmi les divers champs de coopération: la recherche scientifique duale et la protection NBC – nucléaire, bactériologique, chimique- (Israël a organisé la quatrième édition de l’exercice NBC Turning Point 4 en mai dernier, en présence de nombreux observateurs internationaux). Fin novembre 2009 une délégation militaire israélienne de haut niveau s’est également rendue à Bucarest pour discuter de coopération en matière de gestion des ressources humaines et de programmes d’entraînements.
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Le 14 juin dernier le ministère de l’intérieur roumain accueillait son homologue israélien Yitzhak Aharonovitch dans en son QG de Bucarest. Au delà des accords signés ou prolongés, un accent particulier fut placé sur la lutte anti-terroriste avec notamment la création d’équipes conjointes israélo-roumaines. "Nous souhaitons bénéficier de l’expérience israélienne" a déclaré Vasile Blaga, le ministre de l’intérieur roumain.
Nouveau coup de pouce de Bucarest en faveur de Jérusalem, fin juin lors du sommet sommet de la Coopération en Europe du Sud-Est (SEECP), réuni à Istanbul. La Roumanie avait à cette occasion apporté un soutien diplomatique ferme à Israël en faisant amender la déclaration finale relative à l’affaire de la flottille. Le terme de condamnation suggéré par la Turquie, fut ainsi supprimé du communiqué sur intervention roumaine.
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Cet épisode est survenu un mois avant le démarrage de l’exercice militaire israélo-roumain Blue Sky sur la base aérienne de Boboc qui est aussi le centre de formation de l’armée de l’air roumaine. Boboc est spécialisée notamment dans l’exécution de raids aériens furtifs, grâce à des standards très élevés d’interopérabilité.
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L’opération Blue Sky, dont le principe fut validé en 2009, s"inscrit dans la dynamique de l’exercice israélo-américain Juniper Stallion 2010 mené du 6 au 10 juin en Israël avec, déjà, une participation roumaine. Blue Sky a malheureusement connu une médiatisation tragique en raison du crash en montagne près de Fundata, le 26 juillet, d’un hélicoptère israélien CH53, Yasur faisant 7 victimes dont 6 aviateurs israéliens. Commentant l’accident, le site de renseignements Debka file a révélé, source militaires à l’appui, que l’armée de l’air israélienne procédait à des simulations autour d’excavations situées en sites escarpés semblables à l’environnement des tunnels où l’Iran abrite ses infrastructures nucléaires.
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Officiellement toutefois, l’exercice Blue Sky portait sur la simulation d’opérations de recherche et de sauvetage de type MEDEVAC menées à basse altitude. Il est intéressant de noter que les Yasur CH 53 mettent environ 10 heures pour couvrir les 1600 km qui les séparent d’Israël et effectuent deux ravitaillements pendant le trajet. Certains observateurs font observer que la distance parcourue équivaut à celle qui sépare Israël de l’Iran.
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Le vice-ministre de la défense israélien, Matan Vilna’i, avait d’ailleurs reconnu dans une interview accordée au Jerusalem Post que ces entraînements visaient à développer des capacités d’action éloignée et très en profondeur dans l’hypothèse d’un futur conflit. Un point essentiel de l’argumentation portant sur le rôle clé des hélicoptères tactiques Yasur et leur capacité à faire face à des menaces sol-air sophistiquées.
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Un think tank italien spécialisé sur les Balkans et le Caucase, l’Osservatorio Balcani e Caucaso (OBC), souligne dans une analyse très récente que la presse roumaine, comme une partie de la presse arabe, anticipe une frappe israélienne sur l’Iran dans un délai proche. L’OBC rappelle que 12 bateaux de guerre, dont 10 américains, un israélien et un allemand se trouveraient déjà dans le Golfe Persique. Poussant plus avant le scénario, le think tank italien évoque une possible frappe préventive sur Gaza en préambule d’une action militaire contre les sites nucléaires iraniens.
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Last but not least la Roumanie présente désormais une singularité intéressante sous l’angle du renseignement militaire puisqu’elle accueille depuis le début de l’année une école tout à fait particulière (voir vidéo filmée lors de l’inauguration officielle en mars dernier). Certains analystes la qualifient d’école d’espionnage de l’OTAN. Elle est basée à Oradea dans le nord-ouest du pays, près de la frontière hongroise et se définit comme un centre d’excellence international pour le renseignement humain -espionnage et contre-espionnage- ce que l’on appelle dans le métier l’HUMINT (pour human intelligence). La Roumanie disposait déjà d’un savoir-faire pointu en la matière dont elle a fait la démonstration en Afghanistan et en Irak ainsi que le confirme le site roumain Financiarul commentant le rapport 2009 sur les activités de défenses. Où il est dit que les satellites ne peuvent pas faire tout le travail et que le renseignement humain est un facteur clé de succès sur les théâtres d’opérations. Un domaine où les israéliens n’ont pas la réputation d’être en retard… A suivre.
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Publié le 21 août 2010
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