Dans la course aux technologies militaires, le Goliath iranien s’essouffle. Avec ses faux airs de V-1, le premier drone de combat de Téhéran fait un flop et ne convainc pas les experts.

Publié le 24 août 2010

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Dimanche 22 août à l’université de technologies duales Malek Ashtar, l’Iran a officiellement dévoilé  le prototype de son premier drone de combat longue distance en présence d’une assistance médusée et conquise. Moins que les experts internationaux,  assez perplexes  face à cet aéronef de 4 mètres de long  aux  faux airs de V-1 (Les sinistres Vergeltungswaffe lancés par milliers à partir de juin 44, en représailles sur la Grande Bretagne et sa périphérie). Un missile de croisière avec une caméra, rien de plus, résument certains de manière abrupte (*).

La capacité de destruction du Karrar  premier bombardier sans pilote développé par l’Iran  ne doit cependant pas être minimisée.  Armé de 4 « missiles de croisière » et de bombes puissantes,  le Karrar (Striker) lancé à 900 km/h  n’a rien d’un coucou inoffensif. Toutefois, à l’aune de la concurrence internationale, les regards inévitablement se tournent vers Israël, maître es drones,  « combat proven », ayant déjà subi avec succès le baptême du feu (Tout le monde a par exemple en mémoire l’opération menée au Soudan au printemps 2009 à 1200 km des bases israéliennes). En comparaison de ses pairs israéliens,  le proto mis au point par la société d’élite Farnas Aerospace est donc, malgré les remarquables efforts déployés, un peu faible et les performances annoncées décevantes. Voire fantasques pour les plus fins analystes auxquels il n’échappe pas que la définition iranienne des missiles de croisière est assez élastique.

Sans parler de l’électronique embarquée dont il n’est dit mot et pour cause. La barre est en effet placée très haut par les américains dans cette discipline reine qui constitue l’un de leur pré-carré. Aucune nation même aussi avancée que l’Iran, ne peut en effet songer à défier sur le terrain de la guerre électronique l’US Air Force et consorts dont les avancées fulgurantes en la matière sidèrent même les observateurs avertis (à noter que les célébrissimes programmes Safari et Suter sont déjà très anciens).

Avec un rayon d’action de 900 kms seulement, ce qui est un peu juste pour atteindre Israël (Tel-Aviv est à 1500 km de Téhéran) "l’ambassadeur de la mort", que certaines plumes sarcastiques et persiffleuses ont déjà rebaptisé « l’ambassadeur de l’ennui », semble donc viser d’autres cibles et s’appliquer plus particulièrement à la guerre navale à domicile, dans le Golfe Persique.

L’opportunité de rappeler que la doctrine militaire iranienne repose sur le concept de conflit asymétrique dont le but consiste à infliger des dommages maximum à l’adversaire. A commencer, en cas de coup dur, par la neutralisation du Detroit d’Ormuz (point de passage obligé de près de la moitié du pétrole mondial) placé  sous contrôle exclusif des Gardiens de la Révolution. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures donc quand il est dit que l’Iran déploiera ses représailles sur l’ensemble du globe. Il lui suffira de tendre le bras sur Ormuz.  On se souviendra alors des UCAVs (drones de combats).

(*) L’excellent Fly Intelligence enfonce le clou et souligne que pour certains experts, le drone iranien Karrar est une copie revisitée de l’avion sans pilote sud africain Skua de Denel Dynamics. Par ailleurs, la motorisation de l’engin ferait penser à une déclinaison  du TR-60-20 de MicroTurbo mis au point par le groupe français Safran. Quand à la  communication satellite avec la base au sol, elle serait à priori limitée et en tout état de cause ne permettrait pas la transmission d’images en temps réel. Un handicap rédhibitoire pour ce type d’appareil.

 

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