Drones: "Le principe de David".

Publié le 26 août 2010

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Retour sur deux paramètres fondamentaux concernant Israël dont l’image, communément répandue,  est celle d’une superpuissance scientifique, technologique et militaire. Sans parler du miroir déformant de la propagande "anti".  En fait, un pays minuscule, classé 148ème mondial (sur 193) pour la superficie. Bien plus petit que Djibouti, Belize ou le Salvador. Moins grand que la Lorraine… Large d’une quinzaine de kilomètres en son centre. Des faits simples, qu’il est bon de rappeler régulièrement.

Comme le fit l’an dernier le webzine israélien en français JSS news en publiant un visuel-choc tout simple: une petite carte  d’Israël comparée à celle de divers pays. L’effet est saisissant: une miette par rapport à l’Iran, un petit trait au regard de l’Australie. Côté population,  Israël remonte un peu dans le classement mondial et « se hisse » à la à la 98ème place…mais derrière des petits pays plus peuplés comme le Honduras, la Suisse ou la Serbie.  En comparaison, l’Iran ou la Turquie font figure de Goliaths démographiques, leurs populations cumulées étant 20 fois supérieures à celle d’Israël.

Compte tenu de sa taille minuscule et de la disproportion des menaces (à 1 contre 100), Israël recoure massivement à la robotisation pour  décupler ses systèmes de défense. Ce qui est loin d’être une sinécure.   Une véritable industrie des véhicules sans pilotes s’est ainsi développée au fil du temps au sein de l’Etat hébreu,  grâce notamment à une savante combinaison de savoir-faire : logiciels, télécommunications, optique, électronique, microsystèmes,  nanomatériaux, etc.

Dans le domaine aérien tout d’abord avec toute une gamme d’avions sans pilote de toutes tailles, du mini drone Skylark d’Elbit au Eitan (le Heron TP d’IAI) à l’envergure d’un 737, en passant par le Hermes 450 etc.  Une réussite telle qu’Israël est devenu le premier exportateur mondial d’avions sans pilotes. La récente saga turque (voir la série d’articles de NanoJV sur ce sujet) a illustré le succès à toutes épreuves des solutions israéliennes. Sur mer, Israël a également mis au point des drones navals de surface (les usv) comme le Protector de Rafael (utilisé par Singapour), le Silver Marlin d’Elbit ou encore le Seastar d’Aeronautics.

Enfin des drones terrestres ont fait leur apparition (les ugv), dont le tous-terrains Guardium, développé par la société conjointe G-nius (Elbit et IAI) destiné à la contre-guerilla urbaine, est l’un des derniers avatars.

En attendant  les nouvelles générations  de cyber-fantassins, de robots dotés d’intelligence artificielle (comme le robot-mit’abed : le robot kamikaze doué de langage, en phase de test), dont le  "robot nah’ach" (robot serpent) ou encore le Viper (Versatile- Intelligent-Portable-Robot) d’Elbit, un robot de combat doté de vision optronique et monté sur autochenilles ne sont que de simples préfigurations.

Les systèmes télécommandés en service aujourd’hui, pour certains "combat proven" - certifié au combat-  (en Irak, en Afghanistan, au Liban, au Soudan…)  présentent l’avantage d’être  robustes,  précis, résilients et surtout économes en vies humaines.  Au delà de leurs qualités opérationnelles,  la substance électronique et logicielle de ces robots est une composante essentielle de la guerre info-centrée, une doctrine militaire inconnue des armées à l’ancienne, rigides,  fondées sur la masse, la puissance cinétique et les destructions aveugles (le conflit irano-irakien – de 1980 à 1988 – sous-estimé en occident, étant l’une des plus funestes illustrations de l’archéo-guerre avec 1,2 millions de morts, soit 20 fois plus de victimes que l’ensemble de toutes les guerres israélo-arabes depuis 60 ans. Une comparaison non politiquement correcte généralement passée sous silence).

Le sort des armes s’est donc désormais déplacé dans une quatrième dimension virtuelle: le cyberespace ("une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part").  Comme le souligne l’intitulé percutant de l’US Air Force : l’armée de l’air, de l’espace et…du cyberespace. Voir pour s’en convaincre, le dernier exercice conjoint israélo-américain au dessus du Grand Canyon. "It’s not science fiction" annoncent-ils.  "It’s what we do every day».

A suivre.

Dominique Bourra, CEO NanoJV.

Copyrights Nanojv:  http://nanojv.com

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