D’après les gourous de la sécurité, Stuxnet cybermissile de classe militaire, a atteint sa cible.

Publié le 26 septembre 2010

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Le reverse engineering de  Stuxnet a réservé bien des surprises aux experts.  Les analyses forensiques menées par les meilleurs spécialistes prouvent que ce petit logiciel pirate, transmis par clés usb,  est bien un outil de sabotage sophistiqué , à usage unique.  Il ne s’agit donc pas d’un gadget d’espionnage comme certains avaient pu l’imaginer au départ.  Seuls des informaticiens hors pair et extrêmement déterminés ont pu concevoir  cette arme numérique destinée à effectuer une  mission de destruction furtive dans le monde physique.

Stuxnet est en effet programmé pour  provoquer l’autodestruction d’une fonction critique particulière (déverrouillage de la vitesse de rotation des turbines, arrêt du processus de lubrification, blocage de systèmes de vannes, etc.) à un instant t. Et ne commet aucun dégât majeur en dehors de cela. La contamination sans conséquences de 45000 systèmes de contrôle dans le monde apparaît donc comme un dommage collatéral superficiel.

Stuxnet présente une combinaison de caractéristiques  hors du commun. Il exploite plusieurs vulnérabilités jusque là  inconnues, repose sur le détournement de certificats, implique une connaissance fine des systèmes de contrôles  industriels  à distance (SCADA). Par ailleurs, il vise en priorité une zone géographique limitée.

Les statistiques de Symantec mettent en effet en évidence  une sur-contamination  de l’Iran. Avec  60% des cas recensés, ce pays  est l’épicentre du phénomène qui se ramifie ensuite de manière prédictible. Enfin les systèmes de contrôles visés se révèlent être ceux de  Siemens et plus précisément un bloc de code vital de l’environnement winCC (système de supervision de processus automatisés) sur Windows. Ces caractéristiques concernent entre autres le SCADA  du réacteur de la centrale controversée de Busher en Iran.

L’expert allemand Ralph Langner se livre à des extrapolations romanesques sur son blog et imagine un scénario basé sur les faits précédents. Il parle d’une "opération". Qu’il baptise déjà myrte.  Un nom trouvé en clair (avec goyave) dans le code des dissimulateurs d’activité (rootkit) de Stuxnet.  Lagner esquisse une approche en 3 volets: préparation, infiltration, exécution.  Avec constitution d’une équipe scindée en plusieurs unités de spécialistes du renseignement, de chercheurs, d’ingénieurs. Montage d’un laboratoire de développement et de tests. Missions d’intelligence autour de la cible jusqu’aux serveurs de commande et contrôle. Digne d’Hollywood, ou de services occidentaux performants, à supposer que l’hypothèse soit jamais confirmée.

Aujourd’hui plusieurs grandes puissances  possèdent des budgets et des capacités d’actions avancées  en la matière: Les USA, la Chine, la Russie,  certains Etats européens ou encore l’OTAN qui fédère l’élite des talents mondiaux et dispose d’entités dédiées à la cyberdéfense comme le CCDCOE (Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence) ou mieux le NCSA et  le NC3 agency

Pour clore enfin sur une touche plus légère, à supposer que  Langner ait vu juste en parlant d’opération Myrte, les botanistes et les généticiens feront remarquer que l’ordre des myrtales comprend 12 familles et que celle des myrtacées regroupe à elle seule, plusieurs milliers d’espèces.

 

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