Paul Kagame veut des MBA, des scientifiques et de la technologie "Made in Africa".

Publié le 4 février 2011

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ISIU


Archives NanoJV. Article publié le 4 février dernier suite au discours de Paul Kagame à l’ISIU (United States International University) de Nairobi. Le président rwandais sera le premier chef d’État africain interviewé sur Youtube Worldview le 5 mai 2011.  Une nouvelle opportunité de présenter aux internautes du monde entier les "key success factors" du développement scientifique et technologique rwandais.

Oui, en 20 ans les universités du Continent ont connu un essor remarquable constate avec plaisir Paul Kagame, Président du Rwanda. Mais l’Afrique change, de nouveaux besoins et de nouvelles opportunités apparaissent. Au cœur des enjeux; la maîtrise des nouvelles technologies, clé du développement économique et social.

Pour réaliser tous ses rêves, l’Afrique devra donc former ses  propres élites dans chaque discipline (sciences, santé, business, éducation…) grâce à des universités performantes.  Kagame parle des "rêves que nous avons tous pour notre continent".

Le président rwandais poursuit: il ne suffit plus de donner aux étudiants des bases académiques solides. Encore faut-il  stimuler leur sens de l’innovation et les amener à développer des solutions pratiques au service de leurs peuples respectifs. Ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui déplore-t-il.

L’Afrique dispose d’un trop petit nombre de centres de R&D (ici). La recherche scientifique, dans les technologies de la communication ou les biotech est presque inexistante, alors que les besoins de l’Afrique sont énormes dans ces secteurs.

Par ailleurs, le continent ne produit pas suffisamment de managers.  Pour un milliard d’africains, il n’existe par exemple que 60 programmes de MBAs regrette le président rwandais. Avec une population 3 fois moins nombreuse que celle de l’Afrique, les USA disposent  de 600 programmes MBAs fait-il encore remarquer. Pour que l’Afrique tienne son rang, les universités devront donc relever le défi et former les leaders, les économistes, les juristes et les scientifiques de demain. Kagame énonce 4 conditions préalables pour que le changement s’opère:

  • Faire de l’enseignement universitaire une composante des politiques gouvernementales en adéquation réelle avec les besoins identifiés dans chaque secteur.
  • Mettre en place des  synergies étroites entre les universités et les entreprises qui offrent les débouchés.
  • Les universités devront innover dans leurs méthodes et leurs programmes afin de générer des compétences et des recherches sur mesures, directement utiles aux populations.
  • Trouver des sources de financement autre que gouvernementales. Le secteur privé qui est le premier bénéficiaire des talents universitaires doit devenir un partenaire actif dans le financement des programmes.

Ces changements sont simples à mettre en  en œuvre selon Paul Kagame qui présente l’ISIU de Nairobi, où il a délivré son message, comme un exemple de bonnes pratiques.

Mais c’est sur les étudiants eux-mêmes que les gouvernements africains doivent miser avant tout. Ce sont eux la vraie richesse de l’Afrique. Et  Kagame de leur adresser son message de conclusion: soyez intègres, honnêtes et ayez le sens du devoir. Cela assurera votre succès et transformera l’Afrique.

D’après le discours prononcé par Paul Kagame (cf article NanoJV), le 2 février 2011 à l’ISIU (United States International University) de Nairobi, Kenya, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’université (ici).

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