QUAND L’AFRIQUE MÈNE LA GUERRE DE L’INFO. LE PRÉSIDENT RWANDAIS DESCEND DANS L’ARÈNE ET CROISE LE FER SUR TWITTER

Publié le 17 mai 2011

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 Le 13 mai Paul Kagame accordait une interview au Financial Times (ici) dans laquelle il donnait une nouvelle leçon d’indépendance et décochait quelques flèches en direction de ses détracteurs.

Déclarant entre autre que personne, ni dans les médias, ni aux  Nations Unies, ni au sein des ONG spécialisées dans les droits de l’homme ne pouvait s’arroger le droit moral de le critiquer.  (ndlr: la plupart des donneurs de leçons d’aujourd’hui étaient aux abonnés absents pendant le génocide qui a fait 800 000 victimes en 3 mois en 1994, tandis que Kagame œuvrait à la libération de son peuple).

Paul Birrell un journaliste du Guardian (ici) raconte sur le site éponyme  qu’après avoir lu l’article du FT,  pour marquer son désaccord avec la phrase citée plus haut, il poste une réaction sur Twitter.  Son petit message qualifie les propos de Paul Kagame de despotiques et erronés.  Birell vaque à ses occupations et soudain, à sa grande surprise, le président rwandais lui répond personnellement…par un uppercut:   "Pas même vous qui vous autorisez à abuser de la crédulité des gens". (Not you either…no moral right! You give yourslf the right to abuse pple and judge them like you r the one to decide …)

Démarre alors un échange en ligne surréaliste dont sont témoins en temps réel des milliers de microbloggers. Trop heureux de l’opportunité offerte, Birrel engage immédiatement la bataille sur la question de la liberté de la presse au Rwanda (ndlr: au Rwanda le révisionnisme, le négationnisme et le divisionnisme sont condamnés par la loi, contrairement à la situation qui prévaut dans d’autres pays qui prennent le risque de laisser dire). A coup de twitts de 140 caractères, Kagame ne cède rien et  répond du tac au tac à chaque mise en cause,   avec force abréviations et points d’exclamations. Bientôt rejoint par…Louise Mushikiwabo, la ministre des affaires étrangères du pays des mille collines, elle aussi d’humeur combative. Un grand moment.

Car Louise n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère : "Wld u care 2 know what 11,000,000 Rwandans think of Paul Kagame b4 u spread ur formed opinion? 2 big a challenge 4 u?" sermonne-t-elle le journaliste qui bat en retraite sous les assauts répétés des deux bretteurs de haut vol. Le journaliste du Guardian ressort tout de même bluffé de l’expérience et en dépit de ses désaccords donne le point à Kagame. Défendre son pays avec une telle passion sur Twitter face à des contradicteurs étrangers ne manque pas de #panache en effet.

(D’après une tribune de Caitlin Dickson dans Atlantic Wire qui relate la passe d’armes ici)

 

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