Le Rwanda a payé cher l’indifférence et la passivité internationale en 1994. 800.000 civils (tous ceux que les autorités désignaient sous le terme de "cafards") ont été massacrés par les génocidaires en 100 jours. Il y a 17 ans au Rwanda les promesses de bain de sang de radio mille collines ont été tenues…
Afin que ne se réitère un tel scénario, le Rwanda a le premier apporté son soutien sans réserve à l’intervention en Libye. Déjà fortement impliqué aux côtés de l’ONU dans les opérations de maintien de la paix en Afrique (notamment au Darfour avec plus de 3000 hommes) le Rwanda a été l’allié africain le plus loyal et le plus déterminé de la coalition en Libye.
Aujourd’hui Paul Kagame et son énergique ministre des affaires étrangères Louise Mushikiwabo sont les meilleurs avocats du CNT auprès de l’Union Africaine hésitante. Mais les dirigeants de Kigali ne sont pas arrêtés à des pétitions de principes. Au cours des derniers mois, le Rwanda a aussi mené une guerre discrète et efficace contre l’empire Kadhafi. Une vraie guerre économique. En voici trois exemples :
En avril dernier, le Rwanda suspend la licence de Rwandatel, l’un des ses principaux opérateurs de téléphonie et fournisseurs d’accès. Officiellement pour non respect des engagements. Rwandatel qui compte plus d’un demi million d’abonnés est "fortuitement" contrôlée par la Libye. Le colonel Kadahafi détient 80% de la société via le LAP (Libyan African Investment Portfolio) qui étend par ailleurs son hégémonie sur 8 opérateurs africains. Sabré.
Plus récemment le Rwanda a annulé le contrat de construction d’un pipeline stratégique devant relier le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda. Là encore pour non respect du cahier des charges. L’appel d’offres avait été remporté par un consortium contrôlé par le gouvernement Kadhafi: le Tamoil East Africa Ltd. La société libyenne n’avait honoré aucun de ses engagements depuis 2008 (ici). Coulé.
Enfin, en juillet dernier, Kigali annonce la mise en vente de l’ hôtel de luxe Umubano, situé en périphérie de la capitale . L’établissement qui accueille une clientèle d’hommes d’affaires est une joint-venture haut de gamme rwando-libyenne. Contrôlée à 60% par le gouvernement libyen via le consortium financier Libya Arab Africa Investment Portfolio (LAAICO). Après évaluation, la cession de l’hôtel à de nouveaux investisseurs devrait intervenir début 2012. Liquidé.
Le conflit libyen a fait des milliers de victimes, en majorité dans le feu de la répression barbare. Mais le bain de sang promis par Kadhafi a été évité. Il y a en final ceux qui ont eu le courage et la lucidité d’intervenir (merci la France et ses alliés), militairement, économiquement et par tous les moyens à leur disposition. Et les autres. Ceux qui par intérêt ou fourvoiement moral ont mis des bâtons dans les roues de l’OTAN. Ceux, enfin, qui se sont se sont tus par lâcheté ou indifférence. L’Histoire se souviendra.
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germon
28 août 2011
Je remercie NANOJV de me transmettre ces nombreuses informations que les télés françaises se gardent bien de nous révéler. L’attitude du RWANDA qui a tant souffert me réjouit, il y a donc des pays africains comme le nouveau-né SUD-SOUDAN qui aspirent vraiment à la liberté.