"Nous vivions ensemble depuis sept ans, c’était un samedi matin, un samedi de septembre, en 1992. Nous marchions tranquillement dans la rue Emek-Refaïm. Il me précédait de quelques mètres. Tout à coup, sans prévenir, il s’est arrêté, a posé la main contre le mur d’enceinte du cimetière, s’est tourné vers moi et m’a dit : "J’aime une autre femme. Je pars." Il est resté immobile, la main sur la pierre. Il attendait. Et moi, je n’avais pas la force de regarder son visage, alors je fixais cette main. La pierre sur laquelle elle reposait est la sixième pierre en hauteur et la troisième après la porte verte, au numéro 41. je l’effleure quand je passe par là. Comme par masochisme, pour toucher du doigt mon malheur".
Extrait de l’Erouv de Jérusalem de Sophie Calle, 55 pages et illustrations. Editions Actes Sud. 1996.
Note de NanoJV. La commémoration des 10 ans du 11 septembre s’approche. Chacun se souvient très précisément où il était, ce qu’il faisait ce jour là. Comme dans la brève nouvelle extraite de "L’Erouv de Jérusalem". Comme dans le petit récit, chacun a, de manière symbolique, fait d’un lieu public (l’endroit où l’on se trouvait ce jour là, à la seconde où l’information est tombée) un lieu privé. En souvenir de la catastrophe.
De manière inexplicable, d’autres événements n’ont presque pas laissé de traces. Se souvient-on où l’on était, ce que l’on faisait entre le 6 avril et le 4 juillet 1994. En 100 jours un million de personnes ont été assassinées au Rwanda. Et presque personne n’a rien dit.
Copyright NanoJV
Joseph Haim
4 septembre 2011
La rue Emek Rephaïm fut la toute première rue ou je mis les pieds en Eretz Israël en Juillet 1968.
J’y fut accueilli par une famille fort sympathique dont le père était employé aux chemins de fer.
J’y ai connu mon tout premier amour j’avais à peine 14 ans elle s’appelait Claudine mais préférait que l’on l’appelle Yael. Elle s’est mariée en Israël avec mon concurrent beaucoup plus âgé que moi, elle à fort bien fait, depuis je l’ai revu une fois à l’université de Jérusalem ou j’étais avec celle qui allait de devenir ma femme et qui vient de me quitter.
Je suis nul avec les femmes avec le reste aussi, mais je me suis bien amusé avec les deux en tout bien tout honneur.
A chaque fois que je retourne à Jerusalem je ne peux pas ne pas passer dans cette rue sans y éprouver une très forte nostalgie.