Dans une vidéo surprenante mise en ligne par JSS News, S.Exc. l’Ambassadeur de Palestine en France déclare que "l’Autorité Palestinienne n’a pas l’Autorité sur Gaza".
Compte tenu de la cristallisation de ce double leadership depuis des années, le futur État Palestinien n’aura pas demain plus de contrôle sur la Bande de Gaza que l’Autorité Palestinienne n’en a aujourd’hui. Cette petite enclave côtière se trouve de facto coupée de la Cisjordanie, géographiquement et politiquement.
Gaza est en effet dirigé par le Hamas, une organisation paramilitaire dissidente listée par l’Union Européenne, les USA, le Canada et le Japon comme une organisation terroriste. Elle figure en effet dans la liste des personnes, groupes et entités auxquels s’appliquent les articles 2,3 et 4 de la position commune 2001/931/PESC mise à jour en 2011. Environ 1/4 des organisations figurant sur la liste antiterroriste de l’UE sont palestiniennes. A noter que le Hamas, dont la charte préconise la destruction totale de l’État d’Israël, détient depuis 5 ans un otage de nationalité française dont on est sans nouvelle.
Aujourd’hui les relations entre Israël et l’Autorité Palestinienne sont régies par des accords internationaux. Un marché Commun encadre les échanges économiques bilatéraux. Les règles en sont fixées dans un document appelé le Protocole de Paris qui constitue l’annexe économique de l’accord intérimaire sur la Cisjordanie et Gaza.
Pour mémoire, Gaza est une ancienne région côtière du Sinaï égyptien qui s’étend sur 365 km2 soit une superficie légèrement inférieure à celle des Saintes Marie de la Mer, juste pour donner un ordre d’idée. La Cisjordanie est une ancienne région jordanienne qui correspond à la Judée et à la Samarie historiques des hébreux comme en attestent les historiens et les fouilles archéologiques. Elle est formée de collines qui culminent à plus de 1000 m, le point le plus bas se situant à -400 m sous le niveau de la Mer dans la vallée du Jourdain. La partie montagneuse de la Palestine surplombe entièrement l’étroite plaine côtière israélienne dont le Goush Dan qui concentre la majorité de la population de l’État hébreu. En son goulet d’étranglement cette plaine qui abrite la Silicon Valley israélienne n’est large que de 14 km contre 55 km pour la Cisjordanie située sur les hauteurs. L’aéroport international Ben Gourion, l’une des infrastructures critiques les plus sensibles de l’État hébreu se trouve par exemple quasiment au contact de la future frontière palestinienne, en contrebas, à portée de petits lance-missiles sol-air. Simple rappel que tout se joue sur un terrain minuscule, en totale imbrication. La Cisjordanie a une superficie équivalente à celle de la Corrèze. Celle d’Israël équivaut à la Lorraine. Il ne faut que 3 minutes à un avion de chasse pour traverser les deux pays.
Mais revenons à l’accord intérimaire sur la Cisjordanie et Gaza signé à Washington le 28 septembre 1995 par le Président Arafat, le Premier Ministre Yitzhak Rabin et paraphé par la terre entière ou presque: Bill Clinton pour les USA, Andreï Kozyrev pour la Russie, Hosni Moubarak pour l’Egypte, Bjørn Tore Godal pour la Norvège, le Roi Hussein de Jordanie, Felipe González pour l’Union Européenne. Cet accord stipule expressément: « Aucune des deux parties ne doit initier ou mettre en œuvre une action qui changerait le statut de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza avant que le statut permanent n’ait été négocié ».
La proclamation unilatérale de l’État Palestinien aura donc pour effet probable d’entraîner la caducité de l’accord économique et politique avec Israël. Ouvrant la voie au chaos. Au Proche-Orient, et probablement au delà. Au moins les choses auront-elles été dites.
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ammon1945
30 novembre 2012
Le Monde et l’Europe sont irresponsables d’avoir accordé ce statut à Abbas