RQ-170. Le bluff magistral de l’Iran commence à poindre.

Publié le 15 décembre 2011

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Boomerang RQ 170 bluff

A mesure que le temps passe, la thèse iranienne du détournement électronique perd sa consistance et s’effiloche.  Les 13 points qui suivent ne constituent pas une démonstration mais un faisceau d’éléments qui peu à peu affaiblissent  la propagande iranienne.

  1. L’Iran n’a à ce jour  montré aucune image de l’atterrissage du drone soi-disant détourné.
  2. Le seul détournement avéré est celui  d’anciennes images américaines des tests de l’avion sans pilote Polecat (voir ici).
  3. Les américains n’ont jamais reconnu que leur drone furtif avait été victime d’une embuscade électronique.
  4. De leur côté, les russes, respectueux de l’embargo,  ont toujours assuré ne pas avoir livré à l’Iran de systèmes offensifs de guerre électronique.
  5. Il s’est écoulé un laps de temps inexpliqué entre le moment où les américains disent avoir perdu le drone et celui où les iraniens l’ont trouvé.
  6. Les américains ont toujours affirmé qu’il s’agissait d’une panne.
  7. A la suite d’un bogue ni la  fonction retour à la base, ni l’éventuelle fonction auto-autodestruction n’ont été activées.
  8. Le crash récent d’un MQ9 Reaper aux Seychelles rappelle à point nommé la faillibilité technique des drones les plus sophistiqués (voir ici).
  9. Le RQ 170 a été exhibé dans un gymnase,  train d’atterrissage masqué, ailes recollées avec de curieuses traces de fuites sur le sol [Les photos sont datées du 17 septembre mais cela correspond à la date du 17 azar 1390 du calendrier iranien soit le 8/12/2011] (voir ici).
  10. Le lieu d’atterrissage suggéré par l’Iran a été choisi pour sa valeur symbolique: le rappel du fiasco de l’opération Eagle Claw en 1980. Le drone s’est en fait crashé à Kashmar à 200 km de là.
  11. Le RQ170 a été entièrement repeint par l’Iran (voir ici).
  12. Les iraniens, experts en guerre de l’information, ne se seraient en aucun cas privés d’exploiter à l’envi les images d’un atterrissage impeccable.
  13. Mieux, dans l’hypothèse d’un contrôle parfait, l’Iran aurait montré des séries d’ atterrissages et décollages réussis pour pulvériser la crédibilité des USA.

Face à l’incrédulité croissante des experts et d’une partie de l’opinion, les iraniens devront rapidement étayer leurs affirmations  par des éléments de preuves incontestables au risque de voir s’envoler leur nouvelle réputation. 

L’annonce par le Teheran Times de l’exposition prochaine de 3 drones américains et 4 de conception israélienne s’inscrit dans cette logique sans pour autant amener de démonstration probante. Ces avions sans pilote ont été pris par l’Iran sur sa frontière sud et orientale. Les experts estiment cependant qu’il ne s’agit pas d’aéronefs furtifs dans ce cas de figure.  Plusieurs pays utilisent en effet des drones de fabrication israélienne pour les opérations courantes de surveillance en Afghanistan  et aux frontières (voir ici ). 

La révélation la plus inquiétante vient en fait des Etats-Unis. Une étude étonnante rendue publique en avril dernier par le conseil scientifique de l’US Air Force montrait en effet la vulnérabilité  des drones aux brouillages low cost…Lire l’intégralité du document en anglais ici : USAF-Guerre electronique asymetrique.

Intitulée "Operating Next-Generation Remotely Piloted Aircraft for Irregular Warfare" cette étude met en évidence une série de failles potentielles qui ont pu être  exploitées par l’Iran, sans aller forcément jusqu’à la prise de contrôle.

Il est question de brouillage des GPS par des appareils frustes mais aussi de cyber attaques plus sophistiquées qui permettraient d’atteindre les systèmes en vol et au sol…De son côté le Christian Science Monitor,  site américain d’actualités, prétend avoir interviewé un ingénieur militaire iranien travaillant sur le reverse engineering du drone furtif américain (hum, hum).  Cet informateur aurait affirmé que l’Iran a détourné le drone par "spoofing" de son GPS. Ces assertions, si elles sont plausibles, ne sont cependant ni vérifiables ni vérifiées…

Quoi qu’il en soit, il faut s’attendre à ce que les américains s’ingénient dans les prochains jours et les prochaines semaines à laver  l’humiliation du RQ 170  aggravée par le  débranchement  de l’ambassade US virtuelle en Iran (voir ici). Question de crédibilité internationale et… de dissuasion.

Les démarches polies, de pure façade, pour récupérer le drone (voir ici),  ne doivent pas faire illusion, les américains ne sont pas (encore) des agneaux (cf Abbottabad).  Il faut donc s’attendre à une actualité cybernétique et électronique mouvementée dans les prochaines semaines…(voir ici et par exemple).

Lire toute la saga du RQ170 ici.

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