Il y a en France un gros problème avec la reconnaissance des Génocides. Pourquoi ?

Publié le 4 janvier 2012

20


Francisque Maréchal Pétain Révolution Nationale Lois Raciales

La lecture du Canard Enchaîné d’aujourd’hui, page 3,  peut entraîner la nausée. L’article intitulé "diplomates frondeurs autour de Juppé" pousse encore plus loin que d’habitude l’amoralité.

La première phrase dit tout : 

"Alain Juppé ronge son frein. Il n’a toujours pas digéré le vote de la loi sur la "négation des génocides" qui a mis en fureur les dirigeants turcs et il tient à ce que cela se sache". 

Le Canard rappelle que le Ministre des Affaires Etrangères avait qualifié l’initiative de "connerie sans nom" (on note la délicatesse du terme, quand il est question de l’extermination de 1,5 millions de personnes)….

On ne poursuivra pas plus loin la lecture de cet article pénible si ce n’est pour souligner que le Canard emboîte totalement le point de vue du Quai d’Orsay dont il relaie docilement chaque semaine, les fuites volontaires.

Ce nouveau dérapage inqualifiable au sommet de l’État, appelle toutefois quelques remarques.

Il a fallu attendre 53 ans pour qu’un Président de la République (de droite) admette une responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv et dans la Shoah. 

"Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l’État français. La France, patrie des Lumières, patrie des Droits de l’homme, terre d’accueil, terre d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable"  Discours prononcé par Jacques Chirac lors des commémorations de la Rafle du Vel’ d’Hiv’, 16 juillet 1995.

Entre-temps un gouvernement français avait cependant, au début des années 90, accompli le sinistre exploit de soutenir politiquement, économiquement et militairement le dernier régime raciste en Afrique. 

Ce n’était pas l’Afrique du Sud devenue démocratique, mais le Rwanda d’Habyarimana. 

La campagne de haine raciale menée pendant des années au Rwanda a débouché sur un génocide foudroyant et méthodique : 1 million de personnes, Tutsi en très grande majorité torturés et assassinés en 100 jours. Jusqu’à la Libération le 4 juillet 1994 par Paul Kagame à la tête de ses troupes.

Le Président Nicolas Sarkozy a été l’un des rares dirigeants français et le seul Président, à avoir reconnu les erreurs de la France au Rwanda:

…"Ce qui s’est passé ici, au Rwanda, dans les années 90, c’est une défaite pour l’humanité toute entière. J’ai visité le Mémorial. C’est un moment bouleversant. Je dois d’ailleurs dire que le Rwanda a construit ce Mémorial de façon pudique et digne. Ce qui s’est passé ici à laissé une trace indélébile, absolument indélébile. Ce qui s’est passé ici est inacceptable et ce qui s’est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ses erreurs qui l’ont empêché de prévenir et d’arrêter ce crime épouvantable".

(lire ici l’intégralité de la Conférence de Presse conjointe du Président Sarkozy et du Président Kagame à Kigali)


Nous n’oublierons pas.

*

 Nano & Mitz (reproduction non autorisée).

*

*

*

*

About these ads