Lu dans le Point du 5 janvier sous la plume de Michel Onfray qui rend hommage à Camus:
Camus fut un adversaire philosophique terrible et Sartre a lâché les chiens contre lui. Sartre n’a rien compris à la politique : il n’a rien vu de la montée du nazisme, bien que vivant en Allemagne ; en 1933, il profite d’une offre faite par les fascistes italiens pour partir en vacances en compagnie de Beauvoir avec des billets à prix réduits ; il passe à côté de la Résistance ; il publie dans Comaedia, un journal collaborationniste, en 1941 et en 1944; il pistonne Beauvoir à Radio Vichy, où elle travaille etc.
Et plus loin toujours sous la plume d’Onfray parlant de Camus :
(…) le farouche opposant à la peine de mort qu’il est a défendu près de cent cinquante dossiers de militants du FLN (qui recouraient au terrorisme) pour leur éviter la peine de mort – un certain garde des Sceaux de l’époque refusait les grâces, il s’appelait François Mitterrand.
Pour terminer sur ne touche plus fraîche, le passage suivant est extrait de la "Malédiction d’Edgar" de Marc Dugain ("J. Edgar" de Clint Eastwood avec Leonardo Di Caprio est sorti sur les écrans). Un professeur de littérature de l’Oregon explique aux patrons du FBI comment décrypter l’énigme Camus. Une scène d’anthologie :
Le professeur de littérature : "(…) Oh non ! Monsieur Tolston, je crois qu’il existe une différence fondamentale. Camus ne parque pas les hommes dans des classes sociales, il ne fait pas l’apologie de la violence politique ou du meurtre comme transition à l’avènement d’une société meilleure. Je ne pense pas le trahir en lui attribuant d’avoir pensé à un moment ou un autre que l’idéologie ne sert qu’à légitimer le meurtre. Soixante dix millions de morts jonchent le chemin des idéologies territoriales et politiques en Occident rien que pour la première moitié de ce siècle. Et il dénonce tous ceux qui, de Robespierre à Lénine en passant par tous les grands inquisiteurs religieux, transforment leur philosophie en cadavres, prônent la pureté et la justice à tout prix, une justice ignorante des hommes, qui n’est que l’envers d’une dictature qui lamine une nouvelle fois les hommes au profit du pouvoir d’un petit nombre d’entre eux. Camus donne un nouveau souffle au meilleur de la morale chrétienne, sans D.ieu ni sa police, si vous me permettez l’expression.
(…) De toutes façon notre histoire à nous, être humains est celle de longues et pathétiques trahisons des idées philosophiques. La longue-vue de commandant de cap-hornier scrutant l’horizon libre au regard finit toujours en lunettes de myopes, en loupe de philatélistes. Regardez ce que Saint Just et Robespierre ont fait de Rousseau; Marx puis Lénine et enfin Staline de Hegel; les nazis de Niezsche, et vos comprendrez qu’on ne peut pas souhaiter à Camus le même sort".
Clyde Tolson le N°2 du FBI : "Et moi, je pense que celui qui s’en inspirerait serait un sacré fils de pute d’anarchiste qui foutrait ce pays par terre et le monde avec. Voilà ce que je pense. Mais heureusement pour nous, personne ne se réclame de ce Camus. Je ne suis pas un expert en histoire, mais il me semble que les Français sont assez forts pour produire en nombre ce genre d’intellectuels inconséquents. Je ne serai pas surpris que ça leur pète à la gueule un de ces jours."
Du second degré décapant. On avait prévenu.
A relire "La malédiction d’Edgar" de Marc Dugain chez Gallimard.
Et une citation de Camus en conclusion : " La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent".
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Publié le 10 janvier 2012
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