Après analyse attentive de tous les paramètres, la guerre contre l’Iran n’aura pas lieu. Sauf disposition contraire.

Publié le 31 mars 2012

2


uscentcom

Le 19 mars dernier le New York Times, spécialisé dans la guerre de l’information (utilisation de l’info à des fins politiques) publie une fuite surréaliste concernant une information classifiée.

L’UScentcom est le commandement américain pour le centre du monde.

Du point de vue de l’armée américaine en effet, on ne désigne pas les cinq continents  par leur nom habituel,  on parle plutôt de Northcom et Southcom pour l’Amérique, Eucom pour l’Eurasie, Pacom pour l’Asie du Sud Est et le Pacifique et Africom pour l’Afrique (lire ici l’analyse de NanoJV).

L’US Centcom couvre donc la région vers laquelle convergent tous les regards aujourd’hui,  un moyen-orient élargi qui  va de l’Égypte au Pakistan.  Ces précisions sont apportées car ce sont les conclusions d’un exercice de simulation mené par le Centcom que le New York Times  a incidemment dévoilé le 19 mars dernier.

Nom de l’exercice : Internal Look. Rien de nouveau, cet exercice existe depuis plusieurs décennies. Il servait à l’origine a bâtir des simulations annuelles pour bloquer militairement une avancée soviétique en Iran. Internal look  a servi ensuite a tester les modèles d’intervention dans le Golfe, en Irak puis en Afghanistan. Tout sauf un jeu donc. Comme on s’y attend la simulation Internal Look 2012 a étudié les conséquences militaires pour les USA d’une frappe unilatérale israélienne sur l’Iran. Conclusion : les iraniens auront le temps et la possibilité de tirer au moins un missile sur un navire de la 5ème Flotte dans le Golfe, et pourront sur un seul tir tuer plusieurs centaines de militaires américains en quelques secondes. Voila la conséquence immédiate et inévitable de la première frappe israélienne.  Sans parler de l’escalade militaire imprévisible qui suivra.

Détail non moins embarrassant, Internal Look sur la base de tous les paramètres connus par les américains estime qu’une frappe israélienne sur les installations iraniennes retardera d’un an seulement  le programme de Téhéran. La deuxième vague de bombardements inévitablement effectuée par les USA induira un retard supplémentaire de deux ans. Soit, selon Internal Look un retard de 3 ans, avant que l’Iran ne se dote de la bombe. 

Le New York Times prend bien la précaution d’ajouter que selon le Pentagone, les dégâts seront beaucoup plus importants si l’Amérique s’en donne les moyens et opte pour des représailles haute-intensité.  Mais les médias et l’opinion ont retenu autre chose : le coût humain et militaire exorbitant des frappes pour un résultat incertain.

Il est vrai que la guerre de l’information sur les frappes en Iran est mal engagée. Les tenants et les aboutissants sont mal compris, mal expliqués et souvent confus. Même au sein du cabinet de sécurité israélien les avis sont partagés. L’opinion est traversée par le doute, non seulement à gauche  mais dans certains milieux religieux et une partie de la communauté sécuritaire israélienne (voir ici).

Le dernier pavé dans la mare vient d’un agriculteur spécialisé dans la production d’huile d’olive biologique et accessoirement général de réserve. Mais pas n’importe lequel : Ram Shmueli, ancien patron des renseignements de l’armée de l’air israélienne fut également  commandant de bases aériennes dont la mythique base de Ramat David.

Selon lui une attaque directe contre l’Iran est une très mauvaise idée.  Alors que faire? Pour Shmueli, c’est simple,   le génie Juif devrait être capable de trouver une alternative plus intelligente et plus efficace que des frappes militaires.

On ne détaillera pas ici l’idée de Ram Shmueli.  On dira juste qu’ il faut une fois de plus se méfier des apparences. Car il n’y a pas peut-être pas en Israël un camp pour et un camp contre les frappes.  Le type de débat auquel on assiste aujourd’hui est pratiqué communément dans les écoles religieuses depuis des siècles, la raison n’est ni d’un côté ni de l’autre, mais c’est le choc de plusieurs visions en apparence contradictoires  qui fait naître la solution. Et puis comme on l’a souvent dit sur NanoJV, Israël est le premier État quantique : une chose peut être et ne pas être à la fois. Ou être vraie et fausse simultanément (voir l’illustration ici et ).

*

*

Copyrights Nanojv: http://nanojv.com

retour au mur du site

*

*

*

About these ads