Cette phrase est inscrite au mémorial de Gisozi qui rassemble les dépouilles de 250000 victimes éparpillées dans la ville de Kigali pendant le génocide. On y trouve une salle des vies perdues qui rappelle les autres massacres et génocides du 20ème siècle, une salle des photographies des disparus, des ossements de victimes, un mémorial des enfants. On peut lire par exemple pour Aurore Kirezi :
« Âge : 2. Boisson préférée : lait de vache. Jeu préféré : jeu de cache-cache avec son frère. Comportement : très bavarde. Cause de mort : brûlée vive à la chapelle de Gikondo".
Il y a aussi un jardin du souvenir et un mur des noms. On pense à Jérusalem. Lors de sa visite dans la capitale israélienne en 1996 Paul Kagame (aujourd’hui Président de la République du Rwanda) avait en effet exprimé sa volonté de construire un mémorial s’inspirant de Yad Vashem.
Dans tout le pays les mémoriaux se comptent par centaines. Il peut s’agir de simples plaques gravées ou bien de sites plus imposants comme Ntarama, Nyamata, Murambi, Nyanza et Nyarubuye. Respectivement deux églises et trois écoles. Des églises et des écoles, lieux de massacres de masse…
Et puis les collines de Bisesero ou périrent plus de 60 000 réfugiés en tentant de résister aux génocidaires avec des moyens de fortune. Seules quelques centaines de personnes ont survécu.
Dans les églises et les écoles citées plus haut et transformées en mémorial, des corps de victimes, portant les vêtements du moment de leur exécution, sont exposés. Afin que chacun sache l’horreur et voit les coups de machettes portés et l’acharnement sur les visages. Les nez mutilés, les tendons d’achille sectionnés, les membres amputés. Cette mémoire vivante (par opposition à une narration historique factuelle, aseptisée) est fondamentale pour la préservation du souvenir tant le crime dépasse l’imagination.
Face au risque de décomposition de certains corps, de nouveaux procédés de conservation high-tech seront adoptés dès cette année. La Commission nationale de lutte contre le Génocide a en effet noué un partenariat avec le très avancé département forensique de l’université de Canfield pour protéger les corps et les vêtements et permettre leur conservation intacte pendant encore au moins un siècle et demi.
En écoutant Jean de Dieu Mucyo, le patron de la CNLG, on comprend que la mémoire et le souvenir sont la clé du futur pour le Rwanda. Pendant la semaine de deuil et de commémoration du génocide, les rues de Kigali arborent le symbole de la CNLG qui représente à la fois la flamme du souvenir et l’éclosion d’une jeune pousse. Accompagné du slogan de la 18ème commémoration, en substance : tirer les enseignements de notre histoire pour construire un futur brillant. Pas seulement des mots, des faits et des actes.
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Michel Lechartier
22 avril 2012
Je pensais qu’après la Shoah, les khmers rouge, que le temps des génocides étaient terminé, loin était cette réalité, le Rwanda entre lui aussi dans cette danse macabre et ténébreuse , a qui le tour ?
Quand ? nos sociétés comprendront ils le droit à la différence et le respect de chacun , QUAND ????