RQ170. L’Iran affirme avoir percé les secrets du drone furtif américain, mais les preuves livrées ruinent cette affirmation.

Publié le 23 avril 2012

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Neptune spear navy seals

Nouvel épisode dans l’affaire du RQ170, le drone furtif non pas capturé mais ramassé par l’Iran en décembre dernier après un crash accidentel lié à une banale défaillance des systèmes de commande.

Téhéran avait affirmé dès le début pouvoir craquer les codes de l’appareil et percer à jour tous ses secrets.  Dans la même veine la République Islamique avait annoncé qu’elle exposerait plusieurs drones espions (y compris israéliens) capturés par le passé. Et puis…rien. Silence radio total. Jusqu’à hier.  Jusqu’à cette déclaration d’un haut responsable militaire iranien annonçant que le disque dur du fameux RQ170 et ses codes secrets étaient enfin décryptés.

De deux choses l’une, ou bien il s’agit d’une énième intox ou bien l’établissement militaire iranien dit vrai. Comment le savoir ?

Pour étayer leurs affirmations les Gardiens de la Révolution prennent soin cette fois, comme dans les romans policiers,  de donner 4 indices.

1) En octobre 2010, l’appareil  est  envoyé  en Californie pour des révisions.

2) En Novembre 2010 il revient à Kandahar en Afghanistan .  Les vols reprennent. De nouvelles pannes apparaissent et ne sont pas résolues par les experts US.

3) En décembre 2010 l’appareil est envoyé sur un aéroport près de Los Angeles  pour une révision des capteurs et de certaines pièces.  Des tests sont effectués.

  4) En avril 2011 deux semaines avant l’élimination de Ben Laden le drone furtif RQ170 survole sa résidence à Abbottabad au Pakistan. 

Pour l’Iran ces 4 indices sont la preuve irréfutable que le disque dur du drone a été craqué. Comment avoir accès à ces informations autrement ?

Bonne question.
 

Revenons  un peu en arrière pour tenter d’y répondre.  Comme on  l’expliquait déjà dans ces colonnes le 18 décembre 2011 :

L’Iran confirme officiellement que le drone n’a pas été vu par ses radars.  D’après l’agence iranienne Fars l’arrivée du RQ170 sur le territoire iranien a été signalée non par des systèmes radars, mais par des agents capables de pénétrer la sphère du renseignement américain en Afghanistan.

De facto, les 4 indices livrés par l’Iran pour soi-disant prouver le craquage des codes américains ressemblent à un curieux mélange d’Osint  (informations disponibles en clair) et d’informations recueillies par Humint et Comint (écoutes) sur place en Afghanistan.   Cette hypothèse est renforcée par le fait que l’Iran n’a livré aucun indice technologique ou technique démontrant un éventuel reverse engineering par ses services.

Doit-on rappeler s’agissant de l’indice le plus corsé en apparence, que la participation du RQ170 à l’opération" Neptune’s Spear" au Pakistan est depuis longtemps un secret de polichinelle ?   Compte tenu de ce que l’on peut lire ça et là dans la presse (reprise sans recul de la propagande iranienne) cette précision est loin d’être superflue.

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