Yehezkel Dror, conseiller influent, analyste stratégique, lauréat du Prix d’Israël, et fondateur du think-tank JPPPI sur le futur du Peuple Juif ose la provocation. Il n’hésite pas à dire
"je suis un élitiste. 80% des décisions critiques en Israël sont formulées par 100 ou 200 personnes. Ce sont mes "clients". Ce sont les personnes dont je souhaite qu’elles (me) lisent et (me) commentent. Les autres, je souhaite aussi qu’elle (me) lisent, mais je suis plus intéressé par cette petite centaine, parce que ce sont eux qui peuvent faire la différence".
Son dernier rapport jette un pavé dans la mare. Daté de mai 2012, sous label du centre d’études stratégiques Begin-Sadate de l’université de Bar Ilan (BESA), le rapport s’intitule : "Impératif intégré: attaquer l’Iran et lancer une initiative de paix régionale".
Voici résumées les grandes lignes de son approche :
1) La possession par l’Iran de l’arme nucléaire pose un sérieux danger pour Israël, aggravé par un risque de prolifération au Moyen-Orient.
2) Les sanctions sont supposées empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique et en cas d’échec les USA lanceront un raid préventif.
3) Cependant, Israël ne peut laisser sa sécurité nationale dépendre de décisions incertaines prises par d’autres.
4) Si donc l’Iran n’est pas arrêté dans sa course vers l’arme atomique, Israël n’aura d’autre choix que d’attaquer les installations nucléaires iraniennes pendant qu’elles sont encore vulnérables.
5) Dans cette hypothèse, une réaction violente de l’Iran est prévisible. Elle ne doit cependant pas être surestimée. Car même en suivant les hypothèses les plus pessimistes, les dommages causés à Israël seront de loin inférieurs à ceux que provoqueraient une attaque nucléaire.
6) En plus de la dégradation des relations avec les USA, le monde arabe et d’autres puissance, la conséquence la plus grave de frappes préventives israéliennes sera la détermination iranienne à se venger par la suite.
7) Afin de compenser ces effets négatifs, Israël doit donc combiner ses attaques avec une initiative de paix globale au Moyen Orient.
8) Cette initiative de paix n’est pas sine qua non mais elle rend plus acceptable la recommandation de l’attaque.
Yehezkel Dror admet dans son rapport que le pari est risqué, il parle d’ailleurs de nécessité tragique mais affirme aussitôt que ne pas parier du tout, ne rien faire, est le pire des paris.
De manière intéressante Dror balaie la pertinence du débat sur la rationalité ou non de l’Iran et substitue à la notion de rationalité celle de "raisonnabilité". Selon lui l’Iran serait donc très rationnel mais pas du tout raisonnable.
Par ailleurs, Dror conteste les conclusions de l’exercice mené en mars 2012 par le US central command (lire ici) en raison de l’imprédictibilité des événements dans ce cas.
Certains analystes expriment déjà de violentes critiques à l’encontre du rapport de Yehezkel Dror, en dénoncent le "machiavélisme" et pointent par exemple la vacuité et le flou d’un soi-disant processus de paix régionale qui ne collerait pas aux concessions jusqu’ici demandées à Israël.
Il est vrai qu’à aucun moment le conseiller stratégique ne parle de concessions. C’est l’un des enjeux du rapport. Précisément.
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Yirmeyah
23 mai 2012
Une initiative de paix régionale. L’idée parait convaincante de prime abord, mais loin de pouvoir être appliquée dans les faits.
Les pays arabes voisins, et les pays hostiles à Israel en général se serviront de cette attaque pour stigmatiser encore davantage l’Etat Hébreu, déjà qualifié cà et là d’Etat belliqueux.
Et puis qui serait concerné par cette paix régionale?
Israel et les pays arabes voisins? C’est déjà le cas. C’est une paix froide, mais une paix quand même (même si l’on sait la "guerre" cybernétique qui se déroule en arrière plan chaque jour, mais il s’agit ici d’une guerre indolore).
Les pays arabes entre eux? Cela parait inenvisageable à terme à cause de l’opposition sunnite / chiite qui dévore les peuples au sein meme des pays arabes aujourd’hui, et qui se poursuivra dans le temps entre les pays arabes du Moyen Orient.
Dès lors, comment Israel pourrait tenter d’imposer une paix entre pays arabes qui ne la concerne pas?
Il ne faudrait pas sous estimer le risque que les pays voisins se servent de cette attaque pour se liguer contre Israel qu’ils s’empresseraient de qualifier comme étant, en réalité, LE pays imprévisible/dangereux/source des conflits au Moyen Orient. Nul doute que l’opoinion mondiale suivra sans se faire prier.
Ce serait l’occasion revée pour eux de détourner l’attention de ce qu’il se passe chez eux (Egypte, Syrie) et par la meme de porter un coup dur militairement (si réponse commune il y a).
NANOJV JOINT VENTURES CONSTRUCTOR
23 mai 2012
Dror évoque l’Initiative de paix arabe proposée au Sommet de la Ligue arabe en 2002. Il suggère de mentionner l’initiative en préambule de la proposition israélienne structurée autour de principes. Fin de toute hostilité, pleines relations diplomatiques avec tous les états de la région, État Palestinien, accords de sécurité, etc.
belhamou
23 mai 2012
ne rien faire contre l ‘iran est la pire des erreurs, c’est la continuité de la crainte que nous inspire l’appréciation des pays qui nous incitent à renoncer à nous défendre à chaque fois que nous sommes menacés et attaqués, le tort de ces pays est de lier leur bien être à l’abandon de notre sécurité alors qu’on les voit prendre parti pour nos ennemis et non pour nous, "plomb durci" après tant d’autres en est l’exemple…nous sommes condamnés en ayant émis l’idée d’une riposte ou de l’avoir conduite, on nous cantonne et nous acceptons ce cantonnement dans la posture de l’enfant et nous avons toléré de l’être que c’en est une habitude, certes on nous écoute des sanctions ont été imposées à l’iran sans que les effets sur le terrain puissent être vérifiés, alors puisqu’on ne peut pas vérifier et qu’on nous ballade…et bien agissons pour mettre un terme à la ballade spécialité arabe par excellence…saddam, khadafi , ahmeddinejad arafat, hanniyeh, nassrallah, erdogan et d’autres encore de gaulle hein pourquoi non….
HADDAD JACQUES
23 mai 2012
la majoritee des pays arabots/musulmant de la region ,serait contents de t elle frappe sur l iran !!!!pas les masses de la rue !!!! a mon avis ,ISRAEL ne doit pas faire ce grand pas ,faut laisser les usa , l occident ,faire ce sale boulot !!!! et puis les sanctions actuelles et a venir sont tres douloureux pour l iran ,meme si en apperence cela ne le gene pas , et puis il y a la terrible guerre cybernetique qui fait beaucoup de degats!!!! l iran sans fou d israel ,des juifs , des dits palestinniens !!!!! il veut dominer les pays voisins du golf ,et les musulmants en general ,surtout avec la disparition de l egypte qui etait le grand frere de la region !!!!!
HADDAD BRESIL
biggwi
23 mai 2012
Il est vrai que si l’Iran possédait l’arme nucléaire ca serait une bombe arabe. Il n’est même pas exclu que, certains de ses composantes, pourraient bien être fabriquées et assemblées, si je puis m’exprimer ainsi, dans des pays arabes moins surveillés que l’Iran. Dans ce cas, les frappes pourraient tout aussi bien provenir de ces pays. Il n’y a qu’à voir la Turquie qui, sous prétexte de voir des drones israéliens partout, maintient ses avions en alerte, dans un exercice qui pourrait le moment venu, cacher une attaque surprise. Quand je lis ce qui passe de l’Egypte à Gaza, à travers les tunnels aménagés, ca donne à réfléchir.
Quant à l’initiative d’une paix régionale hypothétique, il ne faut pas se leurrer ; tous ces états arabes n’ont en commun, que le rêve de voir Israel rasé de la surface de la terre et l’opposition sunnite chiite ne jouerait face à l’ennemi commun.
Israël n’a donc d’autre choix, que de faire une guerre conventionnelle à l’Iran, avant que celui-ci n’ait l’occasion de tester sa bombe sur lui.
Dans l’hypothèse d’une guerre conventionnelle, il est certain que tous les pays arabes voudront soutenir leur joker. Et les amis d’Israel se débineraient ; n’aura-t-il provoqué une guerre préventive, qui lui était interdite, au risque de provoquer un embrasement général au moyen-orient et peut-être à travers le monde entier.
Et Israel sait ce qu’il a à faire et il le fera envers et contre tous. Et pour ce faire, il peut compter sur celui qui a dit que ; Toucher à Israel, c’est comme toucher à la prunelle de ses yeux. Celui qui après une journée éreintante, à régler les problèmes de ce monde, vient toutes les nuits se reposer dans nos fraiches et verdoyantes collines. Et Israel vaincra !
Michael Dar
24 mai 2012
Malgré tout mes respects pour les "érudits" de toutes sortes qui nous étalent leur savoir analytique en permanence, je maintiens que personne en verité n’est en mesure de savoir au juste ou d’établir avec certitude qu’elle est la marche infaillible a suivre. Il faudrait etre vraiment détaché de la réalité pour croire qu’une paix avec les Arabes et l’Islam est possible. Le "printemps arabe", ses retombés et son Islamisation en sont, comme si besoin était, une confirmation. Les processus de (soi-disante) paix ne sont que des stratagèmes (Taqiyya-Hudna) afin de permettre aux Arabes d’extraire des concessions et de gagner du temps pour attendre le moment propice pour nous agresser. La seule solution et la moins douloureuse pour l’Iran seraient les sanctions a outrance en plus de créer les conditions pour un changement de régime par la rebellion intérieure, des sabotages, incursions d’elements armes etc.
yan
24 mai 2012
C’est l’évidence, à regarder la carte de la région, qu’Israël ne peut pas prendre le risque de voir tout le monde arabe lui tomber dessus.
Par contre, vu le timing, l’option "paix avec les voisins" pour mieux assurer l’attaque de l’Iran si la nécessité de cette option devait s’imposer ne vient-elle pas un peu tard? Cela nécessitera des années…
Resterait à tenter de jouer sur le concept "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", ce qui peut aller plus vite mais oblige à apporter des preuves indéniables de l’avancée du programme et de son caractère belliqueux, ce qui porterait forcément le pb au delà des frontières d’Israël et amènerait alors une prise de conscience régionale face au danger commun.
Ce rapport sonne alors autant comme un conseil qu’un reproche à des élites qui auraient loupé la mise en place d’un préalable à une attaque pourtant évoquée depuis de nombreuses années.
A leur décharge, il faut aussi dire que l’épuisement des USA dans des aventures guerrières sans doute moins justifiées et qui les font désormais trainer ostensiblement des pieds face à une situation bien plus problématique (et qu’ils ont contribué à générer: Le nucléaire militaire est avant tout une assurance de non agression qui en voisin d’un Irak envahi prenait tout son sens) n’était pas forcément alors évidente.