Fuites aux Etats-Unis. 17 mois avant la découverte de Stuxnet, Sanger vendait déjà la mèche de la guerre secrète

Publié le 2 juin 2012

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David Sanger qui vient d’ouvrir la boîte de Pandore de Stuxnet avait annoncé la couleur, il y a déjà 4 ans, en janvier 2009,  soit 17 mois avant la découverte du virus par l’Iran. 

Le premier scoop de Sanger date du  10 janvier 2009  exactement,  à la faveur de la passation de pouvoir aux États-Unis. 

Tout était dit, le lancement par Bush d’une guerre informatique "secrète" pour temporiser et convaincre les israéliens de ne pas lancer de raid aérien (cauchemar de l’administration américaine).

Sanger annonçait la transmission du programme de guerre informatique secrète à Obama.

Sanger datait le début du programme à 2008 (on le nomme aujourd’hui Olympic Games). Les cibles visées comprenaient : toute la chaîne industrielle du nucléaire, les systèmes électriques, les systèmes informatiques, et diverses infrastructures et réseaux critiques en Iran.  L’objectif était de retarder le programme nucléaire iranien.

Pourtant, dès janvier 2009, Sanger rapportait que l’administration doutait des chances de succès du programme qui pouvait à tout moment être découvert et déjoué par l’Iran, qui de toutes façons poursuivrait  inexorablement sa course vers la bombe. (En janvier 2009 on estimait que l’Iran était en mesure de fabriquer une bombe, on en est à 5 aujourd’hui).

A l’époque on envisageait déjà que l’opération de guerre numérique se solde par un fiasco -le New York Times cite le précédent du débarquement raté de la Baie des Cochons à Cuba- et ne finisse par coûter cher à Obama. Nous y sommes.

Sanger soulignait début 2009 la différence de vue entre Américains et israéliens concernant l’avancement du programme iranien. Sur la base de documents hackés en Iran, les services américains concluaient que le programme militaire nucléaire de Téhéran était en suspens. Les israéliens étant persuadés du contraire (sur la base des efforts soutenus d’enrichissement déployés par l’Iran).

Dès 2008 Israël avait demandé aux USA, le droit de survoler l’Irak, des ravitailleurs en vol supplémentaires, des faucheuses de marguerites plus puissantes. Bush avait botté en touche sur les deux dernières requêtes et refusé catégoriquement le survol.

Le programme de guerre informatique secrète devait donc contenir les ardeurs israéliennes. En janvier 2009 (Stuxnet ne sera découvert qu’en juin 2010) Sanger raconte que tous les efforts portent sur les centrifugeuses (les tentatives de sabotages physiques ont échoué). Du gâteau pour les services iraniens qui lisent la presse américaine.

De la même façon l’article mentionne à plusieurs reprise le nom du savant iranien en charge des programmes secrets liés à la construction d’une tête nucléaire. Les programmes 110 et 111. Ce savant, en plein dans le collimateur américain,  est considéré comme l’Oppenheimer iranien.

Dès janvier 2009 Sanger évoque en clair un document iranien qui fait état d’un document iranien décrivant le lancement d’un missile et l’explosion d’une tête à 500 m d’altitude, à la même hauteur que la bombe d’Hiroshima.

Olympic Games fait aujourd’hui la une des journaux.  Il ne faudra sans doute pas attendre très longtemps pour que deux chiffres connaissent les projecteurs de l’actualité : 110 et 111.

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