Le site "Aviation Safety Network" donne l’explication précise de l’attentat contre l’avion d’Habyarimana le 6 avril 1994 à Kigali

Publié le 10 juin 2012

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Aviation Safety Network

Aviation Safety Network est une référence mondiale en matière de crashs aériens. Ce site propose des milliers de  fiches documentées en ligne et accueille des millions de visiteurs uniques.

La  fiche portant sur le crash du Falcon immatriculé 9XR-NN le 6 avril 1994, est particulièrement complète.  Notamment pour ce qui est des circonstances  de l’attentat. Voici la note en version originale en anglais, la traduction en français est présentée plus bas :

"Rwanda’s president, Juvénal Habyarimana, and Burundian president, Cyprien Ntaryamira, were killed when the Falcon 50 corporate jet crashed after being hit by a missile while on final approach to Kigali.

Both presidents were returning from a meeting in Tanzania to consider ways to implement an agreement setting up a transitional government in Rwanda, intended to be in place until multi-party elections could be held. This meant that power would be shared between the Hutu population of Rwanda and the Tutsi-led Rwandan Patriotic Front (RPF). Hutu extremist members of the president’s inner circle viewed the agreement as an existential threat to a Hutu-dominated Rwanda as well as their own political and economic standing. These men were not simply opposed to a reconciliation process; they were committed to the wholesale extermination of Tutsis.
One of these men was Théoneste Bagosora. Colonel Bagosora was intimately familiar with the president’s travel schedule and sufficiently powerful that the night before the summit, he was able to change the composition of the Rwandan delegation to ensure that Army Chief of Staff General Déogratias Nsabimana -who opposed Bagosora’s genocidal plans- would be on the president’s plane.
Using a proprietary radio network, Bagosora was in direct contact with elements of the presidential guard, the para­commando battalion, and most importantly, the Anti­Aircraft Battalion (LAA). These units were located in Kanombe Camp, near Kanombe International Airport in Kigali.
The LAA, which Bagosora personally commanded for several years, was not only responsible for the security of the airport, but had anti-aircraft weapons stationed in the immediate vicinity.
Through their private communication channel, the conspirators tracked the progress of the president’s Falcon 50 aircraft from the moment it left Dar es Salaam to return to Kigali. As it flew west toward the airport, the conspirators fired two SAMs from an area just east of the runway and toward the northern part of Kanombe Camp. At least one of the missiles struck the left wing and fuselage, causing the plane to crash into the grounds of the president’s Kanombe residence.
The death of Hutu President Habyarimana triggered a massive wave of genocide in Rwanda that finally ended in July 1994".

Traduction, en substance :

Le président du Rwanda Juvénal Habyarimana et le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira ont été tués lorsque le jet d’affaires Falcon 50 s’est écrasé après avoir été touché par un missile lors de l’approche finale vers Kigali.

Les deux présidents revenaient d’une réunion en Tanzanie pour envisager les voies d’application d’un accord établissant un gouvernement transitoire au Rwanda, prévu pour rester en place jusqu’à la tenue d’élections multipartites.

Ceci impliquait que le pouvoir serait partagé entre la population Hutu du Rwanda et le FPR (Front Patriotique Rwandais) dirigé par les Tutsi.

Les membres extrémistes Hutu du premier cercle présidentiel percevaient cet accord comme une menace existentielle pour le Rwanda sous domination Hutu ainsi que pour leur propre statut politique et économique. Ces hommes n’étaient pas seulement opposés au processus de réconciliation mais étaient également commis à l’extermination de masse des Tutsi.

L’un de ces hommes était Théoneste Bagosora (*) , le Colonel Bogosora était intimement au fait du projet de voyage présidentiel et suffisamment influent pour  modifier la composition de la délégation rwandaise, la nuit précédent le sommet tanzanien, afin de s’assurer que le chef d’Etat Major le General Déogratias Nsabimana (opposé aux plans génocidaires de Bagosora) se trouve à bord de l’avion présidentiel.

Grâce à une fréquence de radio privée, Bagosora était en contact direct avec les éléments de la garde présidentielle, le Bataillon Para-Commando, et ce qui est plus important, avec le bataillon de lutte antiaérienne (LAA). Ces unités étaient basées au camp de Kanombé, près de l’aéroport international de Kigali.

Le bataillon de lutte antiaérienne que Bagosora avait commandé pendant quelques années n’était pas seulement en charge de la sécurité de l’aéroport mais aussi des armes anti-aériennes stockées à proximité immédiate du site.

Par le biais de leur réseau de communication privé, les conspirateurs ont suivi la progression du Falcon 50 présidentiel depuis son départ de Dar Es Salaam jusqu’à son arrivée à Kigali. Alors qu’il volait vers l’ouest en direction de  l’aéroport, les conspirateurs ont tiré deux SAM (missiles sol-air) depuis un site situé juste à l’est de la piste en direction de la partie nord du camp de Kanombe. L’un des missiles, au moins, a touché l’aile gauche et le fuselage, provoquant le crash sur le terrain de la résidence présidentielle à Kanombe. La mort du président Hutu Habyarimana a déclenché une déferlante génocidaire au Rwanda. Elle a pris fin en juillet 1994.

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Copyright NanoJV. (reproduction non autorisée).

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(*) Théoneste Bagosora est actuellement sous les verrous au sein de l’établissement pénitentiaire de Koulikoro au Mali, (quartier pénitentiaire du TPIR) où il purge une peine de 35 ans de prison en compagnie de quelques autres génocidaires.  Koulikoro est située au nord-est de Bamako, à une cinquantaine de kms en aval sur le fleuve Niger.

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