Le polonium 210 émet des radiations dangereuses pour l’homme et pour le sérieux de l’information

Publié le 8 juillet 2012

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plutonium 210 psyop arafat

Le polonium 210 est un poison discret et efficace. Il suffit d’un millionième de gramme, soit moins d’un grain de sable, pour tuer plusieurs personnes. A condition que le poison, soit respiré ou avalé.  Le simple contact n’est pas létal. A l’intérieur du corps les radiations du polonium dont le rayon d’action est infime, détériorent l’ADN des cellules jusqu’à provoquer la mort du sujet contaminé.

Le polonium 210 se désintègre vite. Tous les 140 jours environ, ses traces diminuent de moitié. Cette substance radioactive est par ailleurs impossible à détecter dans le cadre d’analyses médicales ordinaires. Il faut faire appel à des technologies de pointe pour la mettre en évidence. On fabrique le polonium 210 dans des réacteurs nucléaires, essentiellement en Russie qui contrôle la quasi totalité de la production mondiale (*).

8 ans après la mort d’Arafat en France, des analyses sur ses effets personnels ont été demandées à un laboratoire suisse. Des traces de polonium 210 ont été relevées. Elles sont qualifiées "d’importantes" par les scientifiques. Sachant qu’environ 20 fois 140 jours (140 jours correspondent à la demi-vie du polonium 210) nous séparent de la mort d’Arafat, il est possible de déduire les quantités d’origine.  1 million de fois supérieures à celles relevées aujourd’hui (2 puissance 20). Cela correspondrait aux taux énormes trouvés sur l’espion russe Litvinenko,  tué par ce procédé en 2006.

Les détracteurs d’Israël s’engouffrent donc dans la brèche et désignent l’État hébreu. On a le coupable parfait. Antagonisme avec Arafat, centres de recherches nucléaires en plusieurs points du territoire, services spéciaux performants.

Sauf qu’Arafat, qui n’était pas un patient lambda, a été soigné en France par l’élite médicale. La symptomatologie constatée par les meilleurs spécialistes  a donc permis d’établir des causes de décès, communiquées à la famille du défunt.

Par ailleurs l’importance des traces de polonium relevées aujourd’hui, quelle qu’en soit la source, implique que de nombreux lieux, objets et personnes pourraient être encore contaminés ça et là (dans le cas de Litvinenko on avait un vrai jeu de piste). Il s’agit de vérifications relativement simples  à effectuer pour qui s’en donnerait la peine. 

La facilité avec laquelle, des années après des analyses forensiques sophistiquées permettent la mise en évidence de traces infimes de polonium 210 invalide la théorie du crime parfait.  En revanche le polonium 210 est  une substance idéale pour "signer" un crime dans le cadre de règlements de comptes, ou en faire endosser la responsabilité à un bouc émissaire.   Une opération non dénuée de risque dans ce dernier cas.

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(*) Le polonium 210 est aussi produit par d’autres pays en raison de ses propriétés spéciales. Ainsi  par exemple, selon le think tank Isis, l’Iran a admis avoir fabriqué en petite quantité du polonium 210 dans son réacteur de Téhéran, le TTR, dans les années 1990. Ce matériau sensible est aussi utilisé pour démarrer les réactions en chaînes dans les têtes nucléaires.

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