Impair. Le journal le Monde met les Saoudiens en boîte en plein Ramadan et se gausse du "Pont Johnnie Walker"

Publié le 28 juillet 2012

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Johny Walker Bridge Arabie Saoudite Bahrein

Le Monde publie un feuilleton documentaire fort intéressant intitulé "dans l’ombre du pays mystérieux". On en frissonne de plaisir. Le pays mystérieux c’est bien sûr l’Iran.  Le Monde et les photographes de l’AFP se sont ainsi lancés dans un périple de 9000 km le long des frontières de l’Iran. Vendredi dernier pour sa 4ème étape le Monde posait ses valises à Bahrein. Ah Bahrein…Savourons :

"La lumière est tamisée, le comptoir lustré et les fauteuils moelleux. Un trio de chanteuses asiatiques en bas résille et bustier camouflage se dandinent devant quelques clients distraits "Staaaaaand by meeeee, staaaaand by meee" (sic). Havre de luxe et de discrétion. Le bar de l’hôtel Seraton de Manama est les refuge des soiffards de toute la région (re-sic). Il accueille des Bahreinis, mais surtout des Saoudiens frustrés par le régime sans alcool auquel leur pays est soumis. Grâce au Pont du Roi Fahd, construit entre l’archipel et le royaume Wahhabite, que les initiés surnomment entre eux le "Johnnie Walker Bridge", la ville saoudienne de Dammam n’est qu’à une heure de route des cocktails du Sheraton".

On sent que l’équipe du Monde prend plaisir à sa découverte et tient à faire partager sa bonne humeur sur le sujet.  Le ton devient goguenard.

(…) après les premières gorgées, les piliers du bar se livrent facilement. Et quand on les questionne sur l’Iran, le grand voisin honni, la confession nocturne de ces sunnites (sic) vire à la géopolitique de comptoir. "Quand tu remontes dans l’histoire tu t’aperçois que l’Iran veut mettre la main sur Bahrein depuis des siècles" dit Khaled en référence au discours de certains extrémistes iraniens qui présentent l’archipel comme la "14e province" de la République Islamique.

Mais le meilleur est à venir. Le Monde paie sa tournée générale :

"Mohamed autre pseudonyme et autre analyste des petites heures de la nuit.  "On va vers la guerre, prophétise cette homme d’affaires saoudien, habitué à fréquenter les grandes capitales. Israël sera forcé de bombarder les sites nucléaires iraniens, j’en salive d’avance" (sic).

Il n’est pas certain que le reportage du Monde fasse sourire les Saoudiens en plein Ramadan. L’évocation appuyée du pont Johnnie Walker, des soiffards de la région et des piliers de bar du Sheraton, en aura probablement "saoulé" plus d’un (au figuré).  Quand aux "analystes des petites heures de la nuit",  peut-être n’étaient-ils pas, après tout, les plus grisés dans cette histoire.  Comme la suite des événements pourrait bien le montrer.  En attendant buvons frais et marchons, avec le Monde, à l’ombre…du mystérieux pays.  

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