M23. Le Rwanda contre-attaque et démontre l’inanité du rapport de la Monusco rédigé par de curieux experts

Publié le 28 juillet 2012

7


Monusco

Le Financial Times a pu consulter les 78 pages de réponse du Rwanda (encore en diffusion restreinte),  et parle désormais de rapport biaisé à propos du document établi par la Monusco, Mission de l’ONU en République Démocratique du Congo.

Le rapport de l’ONU au Congo se réfère en effet à des  sources anonymes, non fiables et  destinées à appuyer des à-priori sans fondement. Les 6 "experts"  dont tous ne semblent pas forcément disposer de qualifications scientifiques, militaires  ou forensiques vérifiables, sont avant tout des pros d’ONG,  comme Amnesty International , Pax Christi ou encore  le centre jésuite européen et social (il serait d’ailleurs intéressant que l’ONU communique les profils réels des uns et des autres et s’explique sur les modes de recrutement ou de cooptation).

Le panel "d’experts " aurait ainsi consulté  80 "sources" supposées démontrer que le Rwanda brisait l’embargo sur les armes en offrant son soutien au mouvement rebelle Tutsi congolais, M23.

Le Financial Times récapitule les conséquences négatives qui ont découlé de ce rapport biaisé: suspension hautement symbolique d’une aide militaire américaine de 200000$, suspension d’une aide hollandaise de 5 millions d’€ et gel d’un paiement de 38 millions de dollars par la Banque Africaine de Développement, report d’un paiement de 16 millions de £ par le Royaume Uni. Soit, les plus fortes pressions exercées contre le Rwanda depuis la Libération il y a 18 ans.

Le Financial Times rappelle que les bailleurs de fonds du Rwanda, attendent le rapport final du panel de l’ONU prévu pour octobre afin de statuer sur l’ensemble de l’aide internationale au Pays des Mille Colline, évaluée à 790 millions de dollars soit selon le journal, 35% des revenus de l’État.

Le Rwanda insiste sur le caractère fantaisiste du rapport de l’ONU. Selon Kigali tout ce qui été mis en avant dans le rapport, les uniformes, les munitions, les armements peuvent provenir de n’importe où dans la région des Grands Lacs (voir les photos ici).

Plus fort, le Rwanda ne possède pas certaines des munitions qu’on l’accuse d’avoir fourni aux rebelles du M23.

Plus fort encore, une interception radio soit-disant entre le Rwanda et le M23 (invraisemblable pour ceux qui ont vu le document) versée au rapport de l’ONU était techniquement impossible.

Par ailleurs, une maison et un hôtel situés au Rwanda et présentés comme des propriétés de Bosco  Ntaganda (qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour crimes de guerre), appartiennent en fait à de simples citoyens rwandais.

De plus, les soi-disant transferts d’armement du Rwanda vers le Congo sont impossibles à réaliser tels que présentés par le rapport , et auraient  été détectés par l’armée congolaise, notamment le convoyage par de petites embarcations sur le lac.

Le Rwanda admet qu’il y a eu des communications téléphoniques avec le M23 pour tenter de promouvoir le dialogue politique.  Le contraire donc de ce qu’affirme le  "rapport" de l’ONU qui n’a fait qu’attiser des tensions inter-ethniques que le Rwanda cherche pour sa part justement à apaiser.

*

[Lire la suite ici, à propos du Groupe d'experts ]

*

Copyright NanoJV

Retour au Mur

*

On recommande donc la lecture attentive de l’additif en Français :

Additif au rapport d’étape du Groupe d’experts

Et du rapport d’étape du 21 juin  2012 en Français également  :

Premier rapport d’Etape du 21 juin 2012

*

Présentation du groupe de 6 “experts” :

*

Steve Hege (États-Unis, coordinateur et “expert des groupes armés”). Ce consultant indépendant, ancien du Jesuit European Social Centre, a mené deux missions en RDC pour le compte de l’ONG Refugees International. Il se définit également comme un collaborateur  de l’ONG  Peace Appeal (*).  Il est “expert” de la Monusco depuis 2010 et  a pris la place de  Fred Robarts en tant que coordinateur du Groupe. Steve Hege s’est également distingué par la publication d’écrits révisionnistes et pro-génocidaires en 2009 Steve Hege -Understanding the FDLR in The DR Congo-Fact-Sheet-Feb-09

*

Marie Plamadiala (Moldavie, “experte des douanes et de l’aviation”). Pas de traces de travaux antérieurs.

*

Ruben de Koning, ancien du SIPRI  (Pays-Bas,  “expert en ressources naturelles”).  C’est un ancien du Centre pour la recherche forestière Internationale (CIFOR), au Cameroun. Il a  publié What warriors want : young men’s perspectives on armed violence, peace and development (Pax Christi Netherlands, Utrecht, 2005).

*

**

Steven Spittaels (Belgique, ” expert financier”), consultant indépendant, se présente comme directeur de l’ ONG International Peace Information Service (IPIS). Il est l’auteur d’une recherche effectuée pour le compte d’ Union Européenne sur le secteur minier dans le Kivu (voir ici)

*

*

Nelson Alusala (Kenya, “expert en armement”), titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’université de Prétoria, Chercheur à l’ISS, l’Institut des Études de Sécurité. 

*

*

*

Emilie Serralta (France, "experte en questions régionales"). Consultante free-lance, ancienne permanente d’Amnesty International , puis de Global Witness après un passage rapide par la Cour pénale internationale. Dans le cadre de ses activités au sein de Global Witness elle a participé à une action contre le gouvernement britannique à propos de l’exploitation des mines au Congo. Le gouvernement britannique avait à l’époque dénoncé la faiblesse de preuves présentées . Dans un document de 2010 signé Emilie Serralta pour Global Witness, les FDLR sont ainsi présentés :


"Les FDLR constituent un groupe composé principalement de Hutus rwandais, dont certains dirigeants auraient participé au génocide de 1994 au Rwanda."

On note l’emploi du conditionnel.

 

*

 

About these ads