Extrait du Rapport final 2011, remis au comité des sanctions du Conseil de Sécurité par le Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo. A la rubrique "Groupes armés étrangers" présents sur le sol de la RDC, on trouve le passage qui suit:
"Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) demeurent le groupe rebelle le plus fort sur le plan militaire et le plus imposant sur le plan politique dans les Kivus, bien qu’il soit déchiré par des tensions internes qui découlent de la ligne dure adoptée par son commandant, le général Sylvestre Mudacumura. Plusieurs des principaux dirigeants des FDLR ayant été arrêtés en Europe en 2009 et 2010, les autres représentants politiques du groupe sont entrés dans la clandestinité, même si les relevés téléphoniques montrent que la communication n’a pas été rompue entre ces contacts internationaux et la hiérarchie militaire qui se trouve dans les Kivus.
Si, par le passé, les FDLR tiraient une grande partie de leur financement de l’extraction minière, leur accès direct à certaines ressources naturelles et leur contrôle sur celles-ci se sont réduits. Leurs principales sources de financement sont maintenant le commerce de produits dans les bassins miniers qu’elles contrôlent, ainsi que les recettes fiscales et les ventes de produits agricoles, tels que l’huile de palme et le cannabis.
Les FDLR n’ont guère subi de pression militaire de la part des FARDC en 2011, à l’exception des opérations conjointes menées par les Forces de défense rwandaises (FDR) et les FARDC à Rutshuru, et ont continué de nouer des alliances avec des groupes armés congolais.
Les négociations engagées entre les FDLR et le Gouvernement de la RDC concernant leur réinstallation dans la province congolaise du Maniema se sont essoufflées à cause d’un différend, le Gouvernement ayant exigé que les FDLR désarment au préalable. Les groupes rebelles, notamment les FDLR, s’intéressent vivement à une alliance avec les opposants politiques qui sont en Afrique du Sud, à savoir Patrick Karegeya et Kayumba Nyamwasa.
Cependant, jusqu’à présent, le Groupe d’experts n’a pas réuni d’éléments concluants qui donneraient à penser que les dissidents eux-mêmes ont apporté une aide financière ou matérielle aux FDLR ou à tout autre groupe présent dans l’est de la RDC."
Rappel important. En préambule de sa raison d’être, le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité stipule la chose suivante :
"En adoptant la résolution 1493 (2003) le 28 juillet 2003, le Conseil de sécurité a imposé un embargo sur les armes à tous les groupes armés et milices étrangers et congolais opérant dans le territoire du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituri, et aux groupes qui n’étaient pas parties à l’Accord global et inclusif, en République démocratique du Congo."
Mais pour illustrer l’extrême flottement sur ces questions très sensibles, voici ce qu’écrivait à propos des milices du FDLR, Steven Spittaels l’un des experts nommés par la Monusco, dans un précédent rapport destiné à l’Union Européenne. Le document s’intitule "cartographie des motivations". Au chapitre FDLR on trouve ce qui suit :
Actuellement, les ‘Forces Démocratiques de Libération du Rwanda’ (FDLR) constituent le plus grand groupe armé présent dans les provinces du Kivu. Elles sont un mouvement politico-militaire provenant des ex-FAR (‘Forces Armées Rwandaises’), des miliciens ex-Interahamwe et de civils hutus qui ont fui l’offensive du ‘Front Patriotique Rwandais’ (FPR/RPF) dans le Rwanda voisin en 1994. Les FDLR sont le successeur de l‘Armée de Libération du Rwanda’ (ALiR) qui est à son tour le successeur du ‘Rassemblement pour le Retour des Réfugiés et la Démocratie au Rwanda’ (RDR). La composition des FDLR est différente aujourd’hui de la composition des initiateurs du RDR en 1995. Si un noyau puissant du mouvement des FDLR est toujours composé de Hutus impliqués dans le génocide de 1994, la grande majorité est innocente. Beaucoup d’entre eux sont des jeunes qui n’étaient encore que des enfants à l’époque du génocide rwandais. Le nombre exact des membres des FDLR impliqués dans le génocide rwandais fait l’objet de débats.
Dans leur communication officielle, les FDLR affirment qu’elles ne cherchent pas de solution militaire aux problèmes de la région. Leur principale revendication est la création d’un dialogue inter-rwandais. Les FDLR affirment qu’elles seraient prêtes à retourner au Rwanda si un tel dialogue avait lieu et que la sécurité était assurée. En attendant, chaque combattant peut pour lui-même décider s’il veut rentrer. En réalité, les soldats des FDLR ne sont pas conscients des programmes de rapatriement existants – ils ne sont pas informés par leurs supérieurs – et ceux qui le sont ont trop peur pour déserter. Tout au long de leur histoire, les FDLR ont connu plusieurs groupes dissidents qui ont quitté l’organisation principale en raison de certains désaccords. L’un d’entre eux, le ‘Ralliement pour l’Unité et la Démocratie’ (RUD) est toujours actif et son nombre est suffisamment important que pour représenter un risque sécuritaire.
Et voici la partie "scientifique" qui démontre l’ incapacité permanente des "experts" à évaluer précisément la réalité du terrain:
"De nombreuses estimations circulent sur le nombre de ‘génocidaires’ parmi les FDLR, un mouvement de 6000 à 7000 combattants et d’encore plus de civils : Dans un rapport rédigé par l’ONG ‘African Rights’, une organisation proche du régime en place à Kigali, ils seraient des centaines en RDC et des dizaines à l’étranger.
Une étude approfondie du chercheur Hans Romkema estime que le nombre de suspects de génocide parmi les FDLR serait entre 200 et 300.
Alison Desforges de ‘Human Rights Watch’ a déclaré qu’elle doutait (sic) qu’un nombre significatif de suspects du génocide soit encore présent dans les FDLR.
Les FDLR elles-mêmes ne reconnaissent pas plus de 3 à 4 suspects (sic).
Une liste circule dans les rangs des FARDC (troupes congolaises) reprenant 37 noms. Le nombre vient d’une source fiable (sic).
Quelques noms de génocidaires présumés circulent publiquement, par exemple le général major Sylvestre Mudacamura (chef d’état major) et Idelphonse Nizeyimana (Délégué du 2ème vice-président de l’aile politique).
Tant que le gouvernement rwandais ne publiera pas de liste des génocidaires présumés parmi les FDLR, la confusion persistera (re-sic)."
L’auteur de ce passage, le belge Steven Spittaels est aujourd’hui devenu "l’expert financier" de la Monusco, la Mission de l’ONU en RDC.
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biggwi
30 juillet 2012
Ils devraient plutôt écrire : « Le Fdlr doit demeurer le groupe rebelle le plus fort sur le plan militaire et le plus imposant ».
La Monusco n’est que le porte-voix, un instrument au service de la FIRME ; qui dès 1994 avait prévu de maintenir cette machine en état de fonctionnement, afin de l’avoir à disposition dans le cas d’un retournement d’alliance, comme celui au quel on assiste à ce jour.
Sinon comment expliquer, l’impunité dont ils peuvent se prévaloir depuis dix huit ans, au regard des crimes et atrocités commis ? Leur rapprochement contre nature avec les Généraux dissidents rwandais Kayumba et Karegeya et les voyages incessants de ce dernier à Kinshasa, ne sont-ils un autre sujet d’étonnement ? Cela fait parti du complot ourdi depuis longtemps.