Quand l’élite américaine conceptualise le Congo et les Grands Lacs on est jamais vraiment très loin du Coeur des Ténèbres

Publié le 18 août 2012

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Jason Stearns Dancing in the Glory of Monsters

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Ce que l’on préfère chez nos amis américains en Afrique c’est ce cynisme teinté d’humour un peu potache. Un ancien expert de l’ONU rappelait récemment que l’Ambassade US à Kinshasa vendait des T Sirts siglés : "J’ai survécu au Coeur des Ténèbres". En référence au roman de Joseph ConradIl faut bien sûr avoir l’esprit mal tourné pour y voir une quelconque malice.

On avait présenté à nos lecteurs l’un des plus grands théoriciens et analystes du Congo contemporain. Jason Stearns auteur de "Dancing in the Glory of Monsters" un ouvrage de référence sur les conflits des Grands Lacs et quintessence de la pensée américaine en Afrique. Magistral, surtout lorsque l’on s’attarde sur les détails. Prenons par exemple la brillante théorie relative  aux  viols collectifs (gang rapes) menés par l’armée congolaise comme moyen de "socialisation", à 6’20":

"It’s kind of almost like hazing ceremonies, you know this is not just the Congolese army, in many Western armies sexualized hazing ceremonies, you know,  making fun of women or making fun of other people as part of the hazing process, even in a fraternity in the United States sometimes I am at Yale University you’ll see fraternity brothers getting together and making fun of women or of homosexuals as part of hazing ceremony of coming in to the society, so of course it’s on a different scale all together in the Congo, but it’s a similar sort of logic tool."

"C’est un peu comme les cérémonies de bizutage, vous savez, ce n’est pas que l’armée congolaise, dans beaucoup d’armées occidentales, les cérémonies de bizutage, vous savez, se moquer des femmes ou d’autres personnes, cela fait partie du processus d’intégration, même dans les fraternités aux États-Unis quelquefois. Je suis à l’Université de Yale, vous y verrez des membres de fraternités se réunir et se moquer des femmes ou des homosexuels comme une partie du rituel d’entrée dans la société, alors bien sûr on est sur une échelle tout à fait différente ici au Congo, mais c’est une logique similaire."

Mais là encore il faut avoir l’esprit mal tourné pour percevoir une quelconque "noirceur" dans ces propos. C’est si lumineusement expliqué.

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