On a déjà démontré que les événements qui se déroulent actuellement dans la région des Grands Lacs procèdent avant tout de la Guerre de l’information. Depuis les accusations de l’ONG Human Rights Watch qui produit des cartographies dignes de services de renseignements (hum, hum) aux déclarations récentes de l’Ambassadeur US Stephen Rapp qui dit que finalement il n’y aucune preuve de crimes de guerre contre le M23, on est en effet en pleine guerre de l’information.
On a montré comment les journalistes se font rouler dans la farine ou alimentent parfois délibérément ce cercle infernal. Associated Press par exemple racontant dans le détail le recrutement d’un jeune garçon dans le stade Amahoro de Kigali, le dimanche 1er juillet. Mais comme on l’a dit ce jour là 30000 personne et le Gouvernement étaient dans le stade pour fêter les 50 ans de l’indépendance. Etc. Etc. Des dizaines d’articles publiés ici racontent cette succession d’impostures ubuesques. On a notamment montré comment la guerre de l’information actuelle est partie de fuites organisées par certains hauts responsables de l’ONU et fut précédée de quelques tweets annonciateurs, lourds de sens. Exemple parmi d’autres, le tweet d’un journaliste de la BBC qui s’interroge à voix haute le vendredi soir sur un éventuel soutien du Rwanda au M23 et donne la réponse dans la nuit du lundi au mardi. C’est ce que l’on appelle une enquête -éclair (plus de détails ici).
Mais nous ne sommes pas arrivés au bout des surprises car des signaux montrent aujourd’hui que le Groupe (comme il s’autodésigne) s’intéresse à la loupe aux sites web et aux réseaux sociaux notamment aux comptes privés sur facebook et twitter. On se demande à ce propos comment le Groupe parvient ainsi à se démultiplier. Hier omniprésent sur le terrain au Congo et au Rwanda il est maintenant partout dans le cyber-espace.
Il semblerait en fait que le Groupe s’appuie sur des réseaux d’indicateurs en Afrique et à l’international, qui rabattent l’information. Comme on l’a déjà fait remarquer sans que cela ne suscite de réaction, la seule méthode employée par le Groupe repose sur la collecte de témoignages et de dénonciations (un système qui rappelle des souvenirs désagréables aux européens).
Ceci à l’exclusion de toute approche technologique comme en utilisent les polices scientifiques du monde entier. On a déjà fait remarquer notamment que l’ONU au Congo, en dépit d’un budget annuel somptuaire (pris sur le dos des États contributeurs frappés par la crise) n’a pas songé à déployer un seul drone sur zone pour surveiller les groupes terroristes et leurs activités autour des mines. Nada. Pas de photos aériennes, aucune photo satellite, pas de relevés forensiques, rien. Tout juste des photos amateurs et des compte-rendus de dénonciations au kilomètres. Les experts du Groupe de l’ONU répliquent en fait les méthodes des ONG où ils ont fait leurs premières armes: parler avec les habitants et recueillir inlassablement rumeurs et dénonciations.
On revient à la question cybernétique. Le Groupe prétend, toujours sur la base de dénonciations, qu’il aurait identifié la source d’un site web d’information "gênant" au cœur de la ville frontière de Gisenyi au Rwanda. On peut toutefois se poser la question sur les méthodes – pas forcément avouables- réellement employées cette fois pour tracer les internautes….
Le groupe prétend ainsi être remonté jusqu’au serveur de ce site d’information hébergé aux USA dans l’Utah. Apparemment l’hébergeur a été prié par le Groupe de fournir des informations cybernétiques et financières sur les propriétaires du site (comptes bancaires). Le Groupe est plus fort qu’Interpol.
L’hébergeur qui connaît la loi a exigé d’avoir une demande officielle du Gouvernement américain. Le Groupe a donc demandé au "Gouvernement des États-Unis" (on ne sait pas si c’est au Pentagone ou au Département d’Etat- les 2 étant en concurrence sérieuse sur l’Afrique) pour obtenir son soutien et mener une opération de cyber-police contre un site d’information dont le tort est de critiquer l’ONU et soutenir le M23 (on aura pas la cruauté de dresser la liste de tous les VRAIS sites terroristes qui n’ont jamais empêché l’ONU de dormir, mais c’est une autre histoire).
La demande du Groupe au "Gouvernement US" est partie le 7 juin 2012, ce qui montre que le Groupe n’a pas perdu de temps. La réponse du Gouvernement américain serait toujours en attente (on imagine le tollé en cas de fuite). Impossible d’en savoir plus car très peu de journalistes (aucun ?) enquêtent sur ces questions.
Cette nouvelle "anecdote" est révélatrice des méthodes surprenantes mises en oeuvre par le Groupe avec la bénédiction de Gouvernements totalement dépassés. C’est en effet sur la base des conclusions fantaisistes du petit Groupe de 6 jeunes "experts" que les USA, la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume Uni et la Banque Africaine de développement ont suspendu pour plus de 150 millions de $ d’aide au Rwanda. On rappelle que le rapport réfuté point par point par le Gouvernement du Rwanda contient une quantité incroyables d’erreurs, de contradictions quand il ne s’agit pas de dérapages plus graves. On a parfois l’impression que le Groupe protégé par le mandat du Conseil de Sécurité, flotte littéralement au dessus des lois. Et de la morale élémentaire si l’on ajoute que le coordinateur du Groupe est dénoncé par Ibuka l’homologue rwandais de Yad Vashem, pour révisionisme anti-Tutsi et apologie des terroristes génocidaires.
Il serait plus que temps semble-t-il que de vrais experts viennent contrôler et auditer "le travail" et les méthodes de ces 6 jeunes contrôleurs d’un genre très particulier.
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Publié le 22 août 2012
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