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L’un des déclencheurs de la campagne d’accusation contre le Rwanda fut la très étonnante carte produite dès le 1er juin par l’ONG Human Rights Watch.
On avait déjà fait remarquer que l’ONG détenait depuis longtemps sur l’Est du Congo un dossier digne d’un service de renseignement. Avec une composante guerre psychologique en prime.
Donc le 1er juin l’ONG tire de sa manche une carte ultra-précise de la zone contrôlée par les rebelles et crie à l’invasion du Congo. La machine à lobbying embraye et les médias du monde entier plongent. A un détail près, personne ou presque n’a songé à fournir l’échelle de la carte dont l’effet visuel est impressionnant.
La réponse est donnée par Jason Stearns, l’un des spin doctors (conseillers occultes) de la nébuleuse occidentale au Congo. Sur son blog, il donne le 17 juin la superficie de la zone couverte par le M23 alors que le Monde entier se tortille déjà d’indignation: 20 kilomètres carrés soit 4 arrondissements de Paris :
" (…) the recent fighting, which is still confined to a tiny patch of land of about twenty square kilometers, has fueled much debate in recent weeks. Most foreign diplomats in Kinshasa – as well as some in Kigali I have spoken with – privately agree with the conclusions of Human Rights Watch, that Rwanda is helping M23 recruit soldiers, and is possibly also supplying the rebels with food, weapons and free passage through their territory."
"Le récent conflit qui est toujours confiné à un petit morceau de territoire de 20 km2 a alimenté de nombreux débats au cours des semaines récentes. La plupart des diplomates étrangers à Kinshasa – de même que certains à Kigali avec qui j’ai parlé approuvent en privé les conclusions de Human Rights Watch, que le Rwanda aide le M23 à recruter des soldats et probablement aussi aide les rebelles avec de la nourriture, des armes et un passage libre à travers son territoire."
Stearns, l’homme qui compare les viols de l’armée congolaise avec les cérémonies de bizutage à Yale, se joue en fait de la naïveté et la veulerie de ses interlocuteurs étrangers (diplomates et journalistes réunis).
Lui qui faisait remarquer finement le 4 juin que même après son rapport interne l’ONU n’avait aucune preuve de l’implication du Rwanda [1]. Non sans ajouter aussitôt avec délectation que les donateurs du Rwanda étaient néanmoins de plus en plus mal à l’aise. Les européens ont trouvé leur Maître en cynisme.
Revenons à la fameuse carte de Human Rights Watch qui a mis la planète entière en émoi. Cette carte un peu trop précise pour être honnête, porte en fait une signature. Celle de John Emerson. Un autre citoyen américain, activiste, designer et un peu barbouze, obsédé depuis longtemps par la région et ses réseaux d’alliances. En 2003 il publiait ainsi pour HRW un diagramme caricatural où déjà le Rwanda apparaissait aux côtés de lOuganda. Ce passionné de cartographie est aussi un bon communicant.
Sur son site il livre la clé de sa philosophie: "Mapping Power Using design to get where we want to go". Le pouvoir des cartes, utiliser le design pour obtenir ce vers quoi nous voulons aller. En gros influencer l’opinion par les cartes. Emerson, tout comme Stearns avance à visage découvert pour qui se donne la peine de le lire. Il raconte comment à partir de ses cartographies il peut impliquer des États. Mieux il souligne que c’est précisément le fond de commerce de l’ONG Human Rights Watch qui se sert de ce types d’accusations pour déployer son lobbying en direction de pays tiers pour exercer des pressions sur les chefs d’États visés. On comprend mieux la petite manipulation en cours. Cela s’appelle le tactic mapping, et c’est un outil pour lever des fonds, pour appeler un chat un chat.
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[1] The UN peacekeeping mission has also since stated that, despite their internal report, they do not have proof that Rwanda is playing a direct role in the conflict.

Lalie Lapleni
27 août 2012
Ce que HRW et AI font s’appelle la diffamation. Sont ils intouchables? Pourquoi ne pas les traîner en justice?
NANOJV JOINT VENTURES CONSTRUCTOR
28 août 2012
Bonne remarque, merci. Mais c’est beaucoup plus grave que de la diffamation de la part de ces nouveaux Missionnaires en Afrique. Sans parler de l’absence de morale élémentaire, voir le mépris pathologique du patron US de HRW pour les survivants du Génocide, ici en fin de post : http://nanojv.wordpress.com/2012/08/15/guerre-psychologique-m23/ (sachant que son organisation était aux abonnés absents pendant le Génocide). On rappelle que ces organisations se distinguent aussi par une hostilité fondamentale à l’égard de l’État d’Israël.