Nakoula Basseley alias Sam Bacile, repris de justice, trafiquant de drogue et balance des Feds. Les médias n’ont rien vu.

Publié le 15 septembre 2012

10


Nakoula Basseley 14 septembre 2012

L’affaire "Innocence of Muslims",  du nom de la vidéo qui a embrasé le monde musulman, n’aurait jamais du éclater.  Ou aurait pu être désamorcée à temps si diverses entités avaient fait leur travail correctement. Ce qui n’a pas été le cas. Le groupe fanatique chrétien  à l’origine de la vidéo était parfaitement connu pour ses provocations aux USA.

Il suffit par exemple de voir les vidéos des prêches enflammés de J. Nasrallah (sic) l’un des associés coptes égyptiens de Sam Bacille pour saisir la nature du problème (photo ci-contre).  De véritables provocations calquées sur celles des islamistes eux-mêmes avec une rhétorique étrangement symétrique. Cela n’a pas été vu à temps par les médias, ni traité apparemment par les services américains.

Sam Bacille dont l’identité véritable a été révélée trop tardivement est en fait bien connu du FBI. Non seulement parce qu’il a été condamné lourdement pour fraudes bancaires, mais aussi comme le révélait hier le journal Wired, parceque Nakoula Basseley (alias Sam Bacile) est tombé en 1997 pour fabrication de poudre d’ange, une drogue toxique aussi désignée sous le terme phéncyclidine ou PCP.

Nakoula a utilisé au moins 14 alias au cours de sa vie criminelle dont “P.J. Tobacco” ou encore  “Kritbag Difrat”.  Il a été libéré du pénitencier de Lompoc en  Californie en 2010 pour devenir un informateur fédéral et livrer le nom de certains de ses anciens associés.  Wired note au passage que c’est en prison qu’il a écrit le script de la vidéo Innocence of Muslims.

De manière générale les médias "mainstream" ont affiché un retard incompréhensible dans l’enquête, certains journaux américains ont par ailleurs aggravé la confusion en ne vérifiant pas leurs sources. Des mouvances anti-américaines notamment pro-kadhafistes et pro-syriennes se sont engouffrées dans la brèche pour régler leurs comptes avec l’Amérique et l’OTAN en accréditant entre autres la thèse du viol de l’ambassadeur US en Libye sur la base d’une soi-disant fuite de l’AFP recueillie par une agence libanaise.

De nombreux blogs ont relayé la rumeur  suivis en cela par certains journaux américains.  Une fausse photo de l’ambassadeur américain Chris Stevens levant le pouce sur le cadavre de Kadhafi (pour soi-disant prouver le juste retour des choses) a même circulé pendant 24 heures. Il s’agissait bien sûr d’un canular morbide  rendu possible par la confusion médiatique.

Compte-tenu de l’incandescence de l’opinion dans la plupart des pays musulmans, ces dérapages et manquements divers sont préoccupants. Les services des pays occidentaux y compris US ont semblé une fois de plus totalement dépassés par la situation faute notamment de compétence suffisante en Humint (renseignement humain, le point faible de l’Amérique au Moyen-Orient et en Afrique). Les chancelleries sont pour leur part restées à la traîne, comme tétanisées par les événements.

L’affaire de la vidéo Innocence of Muslims souligne une fois de plus un ensemble de vulnérabilités critiques et de dysfonctionnements importants dans la gouvernance internationale. La montée des superstitions et l’influence croissante de courants sectaires illuminés, y compris aux USA, font sans doute partie du problème.  Ce qui se déroule aujourd’hui n’est probablement pas un épiphénomène mais le signe avant-coureur d’événements beaucoup plus graves. 

*

Copyright NanoJV reproduction non autorisée

Retour au Mur

*

*

*

About these ads