Le Time a été dans la zone contrôlée par le M23 en RDC. Il n’a pas vu trace du désastre humanitaire annoncé par les ONG

Publié le 18 septembre 2012

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Time Magazine Rwanda

Certains journalistes font encore leur travail avec conscience apparemment. Alex J Perry est de ceux là. Basé à Cape Town en Afrique du Sud,  il est le chef du bureau Afrique du magazine Time (35 millions de lecteurs dont 20 aux USA). Pas le premier envoyé spécial venu donc.  Perry s’est rendu récemment au Rwanda et en RDC pour se faire idée de la situation sur le terrain. Voici un extrait du long article qu’il vient de publier. Le passage concerne son séjour dans l’Est de la République Démocratique du Congo dans la minuscule zone contrôlée par le mouvement de rébellion M23.

Perry raconte que lorsqu’il traverse la frontière du Rwanda vers la RDC il passe de l’Afrique nouvelle et moderne à l’Afrique ancienne celle dit-il, de Joseph Conrad.  Il séjourne ensuite 3 jours entiers dans la petite zone  d’ altitude contrôlée par le M23 (ndr: quelques dizaines de km2 autour d’une route principale).  Là il interviewe les rebelles et les villageois.  Il raconte qu’il voit peu de signes de la catastrophe humanitaire claironnée par les ONGs étrangères (lire ici le briefing surréaliste concernant l’organisation anti-israélienne Human Rights Watch).

Il dit qu’au lieu de réfugiés affamés il trouve des champs luxuriants de sorgho, de maïs mûrs et de pommes de terres ainsi que des plantations de café et des bananeraies. Les hommes dans les villages situés à proximité des hostilités disent que leurs familles continuent à travailler dans les champs le jour et passent la nuit à distance dans un campement  provisoire en lieu sûr.

Alex Perry poursuit et dit qu’il a vérifié le nombre de réfugiés avec l’ONU. On lui a confirmé que les combats avaient déplacé 15000 personnes vers l’intérieur du Congo et 38000 vers l’Ouganda et le Rwanda (ndlr: les gens qui cherchent refuge au Rwanda fuient notamment les exactions des terroristes génocidaires  dans la région et pas la milice d’autodéfense du M23).

Mais Alex Perry relève que le jour même où l’ONU lui donne ces chiffres l’ONG hollandaise Oxfam (ndlr une ONG très hostile au Rwanda) annonce lors d’une conférence de presse à Goma, la capitale de la région, qu’un demi-million de personnes ont été déplacées depuis avril. Perry  relève aussi avec étonnement qu’un peu plus tard, un tweet (!!) de cette même  ONG annonce plus de 2 millions de personnes déplacées au Congo. 

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"As I cross the border from Rwanda into Congo, I traverse a frontier from a new Africa into the old. Smooth roads, shopping malls and traffic policemen give way to a world of dirt tracks, grass-roofed huts and wooden bicycles, smoking volcanoes and jungles inhabited by gorillas and pygmies. Congo is unchanged in other ways too; it remains a source of as much of Africa’s bloody darkness today as it was in Joseph Conrad’s time.

For the next three days, I drive the length of M23 territory, interviewing rebels and villagers. Signs of fighting abound, from the charred skeleton of a Congolese army ammunition truck to village huts destroyed by artillery. One night, next to a roadside food stall where I am buying a plate of cassava and leaves, a shootout erupts. A man is killed, his body left in the street. A thief, I’m told.

But there is little sign of the calamity announced by foreign NGOs — nor, from what I see, many aid workers themselves, bar a single Red Cross team. Instead of starving refugees, I find lush fields of ripe sorghum, maize and potatoes, and giant plantations of coffee and bananas. Men in the villages near the fighting say their families still work the fields by day; at night, they sleep at a safe distance in a temporary camp. I check the refugee count with the U.N. They say the fighting has displaced 15,000 inside Congo and pushed 38,000 more into Rwanda or Uganda. The same day at a press conference in Goma, Oxfam’s Congo director Elodie Martel says 500,000 people have been displaced since April and that “vast swaths of the east have descended into chaos with no government or security presence.” An Oxfam Twitter message later claims more than 2 million people are displaced in Congo.

Perhaps mindful of the International Criminal Court charges against Ntaganda, which claim he used child soldiers in 2002 and ’03, M23 officers I meet claim — somewhat unconvincingly — barely to have heard of him. They also lay out a long list of local grievances. The Congolese state is inept and corrupt. It routinely fails to pay them. Congolese army generals use soldiers as enforcers to take control of private business. CNDP officers have been integrated at lower ranks. And Kinshasa is still trying to kill them: scores of CNDP soldiers redeployed from eastern Congo before the rebellion have not been heard from again. Over a lunch of chicken and sorghum beer with several M23 colonels, a recent defector, Major Emille Shabani, claims: “When soldiers die on the front line, the national army doesn’t even bury them. They don’t even tell their family. What kind of army is that? It’s a government without conscience.”

Copyright NanoJV

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